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"Le bruit commence dès 6h" : des habitants de Haute Landes veulent interdire les camions sous leurs fenêtres

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Par , France Bleu Gascogne

Le collectif landais Stop trafic 40 lance une pétition pour interdire les passages non essentiels de poids lourds, juste devant leurs fenêtres, sur la RD 834 et la RD 43. Des poids lourds qui contournent le péage de l'A63. Injuste, selon plusieurs habitants de Hautes Landes qui vivent un cauchemar.

Les habitants vivent tous en bord de départementale, avec le bruit incessant des camions
Les habitants vivent tous en bord de départementale, avec le bruit incessant des camions © Radio France - Lou Bourdy

Le bruit incessant des camions qui passent et repassent juste devant leurs fenêtres. C'est le quotidien de plusieurs habitants de Haute Landes, depuis que le péage de l'autoroute 63 a été installé en 2013. Pour éviter de payer, certains transporteurs décident d'emprunter les routes départementales 834 et 43. Le collectif, qui regroupe des habitants qui n'en peuvent plus d'entendre le bruit de ces poids-lourds et vivent dans la peur, lance une pétition pour remettre en place un arrêté départemental.

Des poids lourds qui empruntent les départementales pour ne pas payer l'autoroute 

Pour ne pas payer le péage de l’autoroute 63, installé en 2013 au niveau de Saugnac-et-Muret, de nombreux poids lourds préfèrent emprunter la RD 834 et la RD 43. Des routes départementales qui passent juste devant la maison de certains habitants de Saugnac-et-Muret , Moustey, Pissos, Trensacq, Sabres ou encore Garein.  Plusieurs arrêtés départementaux ont déjà été pris, en 2016, 2017 et 2019, pour stopper ce trafic, mais à chaque fois ces arrêtés ont été successivement cassés.

On vit à la campagne, on aimerait entendre le bruit des oiseaux comme tout le monde - Florence, porte parole du collectif

Alors le collectif Stop trafic 40, qui réunit une dizaine d'habitants, a décidé de lancer une pétition la semaine dernière. Depuis des années, leur quotidien s'est transformé en cauchemar. Florence Louis, porte parole du collectif, vit à Sabres, juste au bord de la départementale. Impossible pour elle de vivre les fenêtres ouvertes : "En semaine, le bruit commence dès 6 heures du matin, et certains camions passent même la nuit. On peut en entendre un par minute, voir trois", explique cette habitante postée au bord de la route. "On vit à la campagne, on aimerait entendre le bruit des oiseaux comme tout le monde."

Interview de Florence Louis, porte parole du collectif Stop trafic 40

Le bruit, les vibrations et l'insécurité 

Les habitants rencontrés par France Bleu Gascogne ont tous le même discours : le bruit est insupportable, certes, mais le pire reste la dangerosité engendrée par le passage de ces camions. "J'ai senti clairement les vibrations des camions qui passaient dans mon garage, confie Louis, habitant de Sabres. Ma maison commence à se fissurer à cause des vibrations." 

On a tout le temps peur - Louis, habitant de Sabres

Florence pointe son doigt vers la route : "Vous voyez, l'école est juste en face, les enfants doivent traverser cette route très dangereuse avec parfois des poids-lourds qui roulent à 80 km/h au lieu de 50 km/h." Louis avoue vivre avec la peur au quotidien : "On a tout le temps peur. Je peux vous dire que parfois je suis passé en voiture, pressé, entre deux camions. Je sais que j'ai pris des risques." Martine, habitante de Saugnac-et-Muret, raconte même qu'à deux reprises, un camion terminé sa course dans sa haie de jardin : "Les pompiers m'ont dit que la prochaine fois ils termineront dans ma cuisine!"

Reportage à Sabres, à la rencontre des habitants

Le dernier arrêté départemental pris en février 2019 pour interdire les passages non nécessaires de certains transporteurs a été cassé, au motif que cet arrêté empêche les transporteurs de travailler correctement et impose le prix du péage. Le collectif soutient désormais le recours déposé en cassation, soutenu aussi par les communes et le département pour remettre en place cet arrêté. Il lance désormais une pétition, pour espérer obtenir le soutien de la population.

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