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Dossier : Coronavirus Covid-19

"Le coronavirus va me marquer à vie" : une infirmière du CHU d'Amiens témoigne de la crise sanitaire

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Par , France Bleu Picardie, France Bleu

Une infirmière du CHU d'Amiens témoigne de son travail quotidien sur France Bleu Picardie. Même hors unité Covid-19, le personnel soignant est très éprouvé par la crise du coronavirus. Une période qui les aura "marqués à vie".

Dans un hôpital pendant la crise du coronavirus (illustration).
Dans un hôpital pendant la crise du coronavirus (illustration). © Maxppp - Luc Nobout

"J'ai de la chance aujourd'hui de ne pas être en réanimation ou en unité 100% Covid-19, mais des cas, il y en a partout à l'hôpital", raconte Marie*, infirmière au CHU d'Amiens, qui témoigne de manière anonyme sur France Bleu Picardie ce jeudi matin. Elle qui a plus de 10 ans d'expérience, assure aujourd'hui que la crise du coronavirus l'aura "marquée à vie".

"Il n'y a plus de surblouses, on va avoir des sacs poubelles"

Au début de la crise, la réorganisation des services du CHU pour préparer l'arrivée des patients Covid-19 a fait changer de service beaucoup de personnel soignant. Elle se retrouve affectée en Ehpad de l'hôpital : "On avait quasiment zéro moyen au début de l'épidémie. On ne pouvait tester que trois patients par secteur. Tous les autres étaient considérés comme malades, mais on n'avait le droit de porter les protection adéquates que pour les trois qui avaient été testés. J'ai vu beaucoup de fins de vies et peu d'humanité", raconte Marie.

J'ai mis beaucoup de distance avec mon mari, mes enfants pour les protéger. Une douche avant de repartir du travail, puis une autre en arrivant chez moi

"On a appris vendredi qu'il n'y a plus assez de surblouses", explique Marie : "Donc on va avoir des sacs poubelles pour travailler. Cela donne un peu l'ambiance de travail. On a peur pour nous, pour nos enfants et notre famille. Peur d'être porteurs. Moi j'ai mis beaucoup de distance avec mon mari, mes enfants pour les protéger. Une douche avant de repartir du travail, puis une autre en arrivant chez moi". 

"Le soir, je fais un détour en voiture pour décompresser"

Marie le dit, les soignants "craquent plus ou moins selon les jours, on craque mutuellement au téléphone entre collègues parce qu'on vit la même chose, mais j'essaie de ne pas trop en parler à mon mari, à mes enfants pour les protéger. Le soir, avant de rentrer je fais souvent un petit détour en voiture pour avoir un sas de décompression avant de retrouver mes enfants qui sont contents de me voir, pour prendre un peu de temps seule", raconte-t-elle.

Le soir, avant de rentrer je fais souvent un petit détour en voiture pour avoir un sas de décompression avant de retrouver mes enfants, prendre un peu de temps seule

"Déjà en temps normal les gens ne se rendent pas compte du travail qu'on fait habituellement", assure l'infirmière. "Là, malgré les images de réanimation en boucle à la télévision, les marques de remerciements qu'on apprécie énormément, je ne pense pas que les gens mesurent ce que l'on vit. Je serai marquée à vie par ce que j'ai vu. Je pense que cette crise va être un tournant dans la vie professionnelle de tous les soignants". 

*Le prénom a été changé

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