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Société

Le cyber-harcèlement au collège : une réalité sous-estimée

jeudi 8 novembre 2018 à 19:15 Par Thierry Colin, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu Lorraine Nord

Des élèves, venus de toute la Lorraine, ont évoqué le harcèlement scolaire à Nancy, ce jeudi, avec une sensibilisation notamment au cyber-harcèlement. Le rectorat se refuse à donner des chiffres précis mais le phénomène reste le plus souvent un secret dans les cours de récréations.

10% des élèves sont susceptibles d’être harcelés mais l'académie ne donne pas de chiffre précis. Photo d’illustration.
10% des élèves sont susceptibles d’être harcelés mais l'académie ne donne pas de chiffre précis. Photo d’illustration. © Maxppp - PIERRE ROUANET

Nancy, France

«J’ai déjà vu des sixièmes saigner à cause des troisièmes, j’ai été tapée, insultée…», les langues se délient dans les ateliers du réseau Canopée à Nancy qui accueillent 24 élèves venus de toute la Lorraine pour être sensibilisés au harcèlement scolaire à l'occasion d'une journée nationale. Avec un accent mis sur le cyber-harcèlement et notamment le «sexting» qui peut conduire à des situations où un amoureux éconduit «balance» les photos intimes de sa copine à tous ses contacts sur Snapchat.  

1 élève sur 10 susceptible d'être harcelé

Le phénomène reste le plus souvent entre adolescents avec un secret des cours de récréations qui peut hanter les victimes jour et nuit sur le long terme. Le ministère estime à 10% la part d’élèves susceptibles d’être harcelés. L'enquête de victimation au niveau national  recense les déclarations des élèves qui parlent d'insultes, surnoms méchants, humiliations mais aussi de diffusions de rumeurs sur internet ou déclarent recevoir des photos ou vidéos humiliantes. 

Dans l’académie de Nancy-Metz, qui compte quelques 400 000 collégiens et lycéens, le nombre d'élèves concernés par le harcèlement pourrait concerner 40 000 élèves si l'on se réfère aux proportions nationales, mais le rectorat se refuse à donner des chiffres précis. La référente du dispositif anti-harcèlement de l’académie, Sylvie Woltrager, se contente de dire que 120 dossiers de harcèlement arrivent sur son bureau chaque année - un chiffre en légère baisse depuis quelques années - mais de nombreux dossiers sont traités en interne dans les établissements.

Harcèlement : la situation au collège - Visactu
Harcèlement : la situation au collège © Visactu

Le sexting avec un effet à retardement

Le harcèlement scolaire peut prendre différentes formes et les téléphones portables et ordinateurs des adolescents ont conduit au «sexting» non consenti. C'est une réalité pour Audrey Rigat conseillère principale d'éducation au collège Saint-Exupéry d'Epinal, un collège en réseau d’éducation prioritaire (REP+) : "En 4 ans, j'ai eu un cas d'une élève qui avait envoyé une photo qui avait été ensuite diffusée par son ancien petit copain quelques mois plus tard. La prise de conscience, elle se fait parfois plus tard parce que des choses ressortent deux, trois ou quatre ans après : des photos de parties intimes plus ou moins dénudées. Les élèves ne se rendent pas compte que, peut-être, un jour, ils regretteront  ce qu'ils ont fait quand ils avaient 12 ans".

ça va très vite, ça se diffuse

On passe à côté de beaucoup de choses, confie la CPE du collège spinalien, ça va très vite et ça se diffuse à plus d'une centaine de personnes. C'est une réalité, on ne peut pas le nier, c'est évident. Après, je pense qu'on est tous, les uns et les autres, largement pas conscients de l'ampleur que ça peut avoir».

les filles sont trois fois plus victimes

Pour Delphine MANGEOT, coordinatrice au réseau Canopé à Nancy, il faut faire de la pédagogie : «le sexting non consenti, c'est le fait de s'approprier, de diffuser, des images à caractère sexuel sans le consentement de la personne qui est sur ces photos. C'est par exemple une jeune fille qui va accepter d'envoyer une photo où elle est un peu dénudée à son petit copain. Il se passe quelque chose et le petit copain, pour se venger, va diffuser la photo sur les réseaux sociaux ; les filles sont trois fois plus victimes de sexting que les garçons. 

un phénomène de masse extrêmement difficile à vivre

Le harcèlement est souvent invisible puisque les jeunes parlent très peu du fait d'être harcelé et encore moins d'être cyber-harcelé parce qu'ils ont pas envie que leurs parents leur disent de supprimer leur compte et comme c'est très viral, il y a un phénomène de masse extrêmement difficile à vivre». Les collégiens ont planché sur la meilleure façon de sensibiliser leurs camarades à la prévention du harcèlement au collège, des élèves venus de Fameck, Albestroff, Neuves-Maisons, Saint-Mihiel ou Malzéville.