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Dossier : Coronavirus

Le déconfinement : exercice à haut risque dans les maisons de retraite du Tarn

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Par , France Bleu Occitanie

On est loin du déconfinement des Ehpads. Loin d'un retour à la normale. Mais la plupart des maisons de retraite du Tarn permettent désormais des visites. Qui ne sont pas forcément encouragées, notamment depuis le 11 mai.

Les visites dans les maisons de retraite encadrées sans doute pendant très longtemps.
Les visites dans les maisons de retraite encadrées sans doute pendant très longtemps. © Maxppp - .

Depuis le 21 avril, les visites dans les Ehpads sont à nouveau autorisées. Chaque maison de retraite a organisé la venue des proches des résidents selon un protocole très précis de l’ARS. Dans le Tarn, par exemple, toutes les maisons de retraite permettent (ou ont permis) des visites. Mais avec le déconfinement, et la population qui recommence à bouger, ce sont de nouveaux risques pour l’établissement. Alors, à chaque fois les directeurs ont tout fait pour assurer au mieux la sécurité des résidents.  

Comme dans toutes les maisons des retraite, à la Résidence du Palais, à Albi, le protocole de l’ARS pour les visites est suivi à la lettre. On signe le protocole, on se lave les mains avec du gel hydroalcoolique en entrant. Et les visites se déroulent dans la salle des arts.  "Une salle qui est en retrait de l’établissement", décrit la directrice Valérie Fontaine. "Les familles rentrent par une porte, et le résidant par une autre." Des visites qui prennent du temps. Elles mobilisent à chaque fois deux personnes. 

Personne n'est confiné dans sa chambre 

Des directeurs qui se sont sentis seuls. Valérie Fontaine, la directrice, se souvient de ce 21 avril où le gouvernement a annoncé que les visites étaient à nouveau possibles. "Cela a été un choc violent. On s’est dit que nous allions avoir énormément de coups de téléphone le lundi"

Mais, finalement, assez peu de familles ont demandé. Car à la Résidence du Palais, personne n’est confiné dans sa chambre. "On prend le risque de ne pas confiner les résidents dans leur chambre. Parce qu’on s’est dit que le syndrome de glissement (NDLR : les personnes qui se laissent mourir) est peut-être pire que le syndrome du Covid. Ils ont besoin d’avoir du lien social. Les familles sont partie-prenante et elles nous font confiance."

Mais la pression est énorme sur les épaules des soignants car ils savent que si le virus arrive dans la maison c’est par eux. Surtout depuis le 11 mai. "Si les gens ne font pas attention aux gestes barrières, il y va y avoir des conséquences énormes. Et c’est nous qui allons amener le virus dans la maison. Et la fatigue mentale est là."  

Reportage à la Résidence du Palais d'Albi

A la Résidence du Palais, la pièce dédiée aux visites.
A la Résidence du Palais, la pièce dédiée aux visites. © Radio France - SM

Certains établissements ont attendu le 11 mai pour ouvrir les portes. "Je n’ai pas compris, étant donné que tous les Français étaient confinés jusqu'au 11 mai, pourquoi on autorisait les gens à partir du 21 avril à venir en maison de retraite. Ouvrir du jour au lendemain, m’a indisposé", explique Alain Lacroux, directeur du Pré-Fleuri à Serviès. Et lui aussi parle de l’énorme responsabilité. "On a la sensation qu’on est montré du doigt. Alors qu'on travaille avec des moyens très limités et avec du manque de personnel."

Alain Lacroux, directeur du Pré Fleuri à Serviès dans le Tarn

D’autres ont, au contraire, ouvert quelques jours après le 21 avril leurs locaux aux visites. Mais ils ont aussi refermé les portes au moment du 11 mai. Le déconfinement est selon eux un risque fort.  C’est le cas de l’établissement de Guillaume Marzocchi. Il est le directeur de l’Ehpad de Cordes-sur-Ciel avec 202 résidents à Cordes et dans les communes environnantes. Il est aussi le président de UDEPA (l’Union départementale des établissements pour personnes âgées du Tarn.)

Il estime que la fermeture était très nécessaire. "Ce sont des mesures d’urgence qui ne peuvent pas s’installer dans le temps. Les résidents souffrent. Le lien social c’est un des leviers les plus importants dont nous disposons pour permettre de conserver une qualité de vie. Il faut trouver un moyen de conserver des relations sociales. Surtout il faut laisser les personnes libres de faire leur propre choix. Nous ne sommes pas des prisons. Nous ne sommes pas des mouroirs."

Guillaume Marzocchi, le directeur de l’Ephad de Cordes-sur-Ciel " Il faut laisser les personnes libres de faire leur choix".

Alors le directeur réfléchit déjà – personnellement – à des solutions pour redonner un peu de liberté aux résidents. "Il faut qu’on s’organise et qu’on ait les moyens pour accéder au désir de chacun." Et en faisant la comparaison avec les unités Alzheimer, il poursuit : "On pourrait très bien aménager le même genre d’unité pour les personnes qui souhaiteraient être protégées de l’épidémie. Et conserver les côtés ouverts aux personnes qui feraient le choix de s’exposer. On a des résidents qui nous expriment qu’ils préfèrent passer du temps avec leur famille. Peu importe si la quantité de vie est moins importante. Ils préfèrent la qualité de vie."

Maintenant ou jamais

L’Udepa 81 demande en tout cas une prise de conscience à la suite de cette crise dans un communiqué publié récemment. L’association y interpelle "élus, collectivités, partenaires institutionnels, société civile et citoyens à se mobiliser pour nos aînés et notre bien vieillir ensemble". L'association demande entre autres le versement d'une prime exceptionnelle de 1 500 euros pour l'ensemble des salariés - sans distinction - mais aussi "du personnel en nombre suffisant, l’augmentation significative des salaires dans un grand plan de revalorisation des grilles indiciaires et un accès facilité aux formations. "Cette crise est l’occasion de construire un modèle plus respectueux des individus, des territoires et de l’environnement." 

La gestion de la crise dans les maisons de retraite, on en parle avec Monique Iborra, députée de Haute-Garonne sur France Bleu Occitanie ce jeudi à 8 h 15. Elle a présenté ce mercredi devant la commission des affaires sociales un rapport sur les points forts ces dernières semaines. 

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