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Le député (LFI) François Ruffin rend visite aux salariés de Prafer à Woippy

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Par , France Bleu Lorraine Nord

Dans le cadre du plan social annoncé à l'usine de charpentes métalliques Prafer à Woippy, le député de La France insoumise François Ruffin s'est rendu sur place ce mercredi matin. Avec un objectif : écrire ensemble une question à destination du Ministre de l'économie Bruno Le Maire.

François Ruffin a écrit une lettre à destination du ministre de l'économie Bruno Le Maire.
François Ruffin a écrit une lettre à destination du ministre de l'économie Bruno Le Maire. © Radio France - Arthur Blanc

Un député bien connu s'est joint au combat des Prafer à Woippy. Ce mercredi matin, François Ruffin s'est rendu au chevet des 43 salariés, à la demande de ses derniers, dont l'usine de charpentes métalliques menace de fermer. Le Parlementaire a notamment participé à la rédaction d'une question au gouvernement, à destination du Ministre de l'économie Bruno Le Maire. Pour faire remonter au plus haut niveau les craintes des employés sous la pression d'un plan social.

François Ruffin a notamment pu écouter les récits des salariés.
François Ruffin a notamment pu écouter les récits des salariés. © Radio France - Arthur Blanc

Pour François Ruffin, c'est une première. "Je n'ai jamais fait ça avec des salariés", lâche-t-il en arrivant sur place. "Comment on fait ?", enchaîne-t-il. Mais la méthode est simple : écouter les inquiétudes de tous ceux qui en ont gros sur le cœur, pour récolter tous les éléments nécessaires à la rédaction de la lettre. Pendant un quart d'heure, ils ont donc été nombreux à se succéder auprès du député pour tout évoquer : les finances de l'entreprise, l'histoire de Prafer et même les accidents de travail.

Les salariés sont fiers d'avoir reçu François Ruffin.
Les salariés sont fiers d'avoir reçu François Ruffin. © Radio France - Arthur Blanc

L'initiative plaît aux employés, heureux de pouvoir recueillir un peu d'écoute et de soutien. "Elle est belle cette lettre", lance l'un d'eux. "Il n'y a plus qu'à la poster", répond un deuxième. "On se bat tout seul et on essaye avec nos petits moyens de bouger les choses", poursuit Xavier Maton, délégué CGT. "Pardonnez-moi l'expression, mais c'est un gueulard qui sait se faire entendre. Il ne porte pas de cravate et parle comme tout le monde."

Tout le monde a lu ensemble la lettre.
Tout le monde a lu ensemble la lettre. © Radio France - Arthur Blanc

A l'issue d'une première relecture, la lettre a été récitée par tout le monde, phrase par phrase. Une vidéo relayée en direct sur les réseaux sociaux a permis de diffuser le message. La trame écrite a ensuite été envoyée sur le site de l'Assemblée nationale, via une messagerie qui oblige le gouvernement à répondre. Elle est désormais dans la boîte de Bruno Le Maire, ministre de l'économie...

La lettre des salariés de Prafer

"Ce savoir-faire français, le laisserez-vous périr ?"

Monsieur le député François Ruffin et les salariés de l'usine Prafer à Woippy interpellent le Ministre de l'économie. Allez-vous intervenir ? Ou ce savoir faire français, le laisserez-vous partir et dépérir ?

Monsieur le Ministre, lors de vos achats aux Halles de Paris, avez-vous pris le temps de regarder l'impressionnante structure d'acier que l'on appelle "La Canopée" ? Avez-vous déjà supporté le Stade français à Jean Bouin ? Ou le Montpellier Hérault Rugby au complexe Yves-du-Manoir ? Avez-vous visité le Mucem à Marseille ? Si oui, avez-vous pu observer les charpentes métalliques et imaginer le savoir-faire nécessaire ?

Ce savoir-faire, c'est le nôtre. Nous sommes des salariés de l'usine Prafer dans la petite ville de Woippy, dans l'est de la France. Nous exportons ce savoir-faire à Édimbourg, au Panama et à Sarrebruck.

Mais bientôt, les charpentes métalliques ne seront plus qu'un souvenir. L'usine va fermer. Quand ? On ne sait pas. Pourquoi ? On ne sait pas non plus. Combien ? Ça, on le sait. Ici, nous sommes 43 salariés, plus une quinzaine d'intérimaires. Au total, le groupe KMF veut fermer 11 sites en France, soit 403 salariés. 

Vous nous direz : "ah oui, c'est la crise, on fait ce que l'on peut". Mais notre direction a elle-même avancé l'argument du confinement. Chez nous, tout va bien, le carnet de commandes est plein. Nous avons d'ailleurs travaillé durant le printemps avec deux malades du Covid à la clef. L'entreprise se faisant passer pour une quincaillerie et donc de première nécessité.

Surtout, l'an dernier, notre société a versé 898 000 euros de dividendes au groupe, à la place d'investir sur le site et d'assurer notre sécurité. 

Du coup, désormais, la direction nous parle de compétitivité. Comme chez les Bridgestone, comme chez Comatelec pour les luminaires, comme chez Rosières pour les fours. Nous sommes sacrifiés sur l'autel des actionnaires. Aujourd'hui comme hier, mais maintenant, sous couvert du Covid.

Et pendant ce temps, à la télévision, notre président Emmanuel Macron déclare que déléguer notre souveraineté à l'autre bout du monde et du continent, c'est une folie.

Et pendant ce temps vous répétez : "relocalisez, relocalisez !" La vérité, c'est que la délocalisation se poursuit et que vous laissez faire.

Nous avons alerté la Préfecture, l'Etat, Bercy via notre député. Pas de son, pas d'image. Vous n'avez pas bougé le petit doigt. Vous laissez faire les financiers qui nous broient, qui nous broient notre industrie. Nous sommes abandonnés.

Alors monsieur le Ministre, pour que vous jugiez une décision révoltante, il faut combien d'emplois ? Et combien de médias ? Allez-vous enfin intervenir ? Ou ce savoir-faire français, le laisserez-vous périr ?

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