Infos

Le dernier char Saint-Chamond, modèle unique au monde remotorisé dans la Loire : il défilera en mai 2017

Par Mahauld Granier, France Bleu Saint-Étienne Loire mercredi 24 août 2016 à 18:47

Le Char Saint-Chamond dans l'atelier où il a été remotorisé, à Vougy dans la Loire
Le Char Saint-Chamond dans l'atelier où il a été remotorisé, à Vougy dans la Loire © Radio France - Mahauld Becker-Granier

Le char Saint-Chamond, construit en 1917 dans la ville du même nom, a cent ans et plus qu'un exemplaire encore sur pied. Récupéré aux Américains en 1999, le moteur n'était plus fonctionnel. Trois entreprises du Roannais ont donc eu la tâche de le "re-motoriser" pour qu'il soit prêt pour 2017.

Si la Loire n'a jamais été un champ de bataille, elle a participé à la Première Guerre mondiale à sa façon. En 1916 et 1917, c'est à Saint-Chamond que sont construits les chars du même nom. Au total, 400 pièces sont construites dans l'urgence pour suppléer le char Schneider et soutenir les troupes au sol dans une guerre qui dure depuis déjà trois ans. Le char Saint-Chamond va notamment permettre à l'armée française de regagner en mobilité.

C'est à l'initiative du musée des Blindés que la remotorisation a lieu... pour un investissement total d'au moins 100.000 euros.

Reportage dans l'atelier où le char est remotorisé avec Guy Roy de Sogemo

Patrick Gaya (APRRES Industries) et Guy ROY (SOGEMO) devant le char Saint-Chamond - Radio France
Patrick Gaya (APRRES Industries) et Guy ROY (SOGEMO) devant le char Saint-Chamond © Radio France - Mahauld Becker-Granier

Saint-Chamond, la ville du char

Conçus et fabriqués à la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt (FAMH) à Saint-Chamond à partir de 1916, aujourd'hui il n'en reste plus qu'un modèle. Ce modèle du char est la propriété du musée des Blindés à Saumur (en Maine et Loire), un musée qui a vu le jour en mars 1982. C'est l'association des Amis du musée des blindés, reconnue d'utilité publique, qui en a la gestion.

Dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale, c'est l'association qui a décidé de donner une nouvelle dynamique au char Saint-Chamond en le re-motorisant. Et ce n'est pas un hasard si ce travail a été confié à trois entreprises ligériennes : le territoire était il y a cent ans et continue d'être reconnu pour ses compétences pointues en armement et en technologie de pointe.

Les trois entreprises qui prennent part au projet sont APRRES Industries, en charge de la maîtrise d'œuvre, SOGEMO, une concession de Mercedes, et NEXTER, qui va prêter ses installations pour les derniers essais. Pour Patrick Gaya, chargé d'affaires au sein de APRRES Industries, travailler sur ce projet est une belle manière de mettre en valeur les compétences du pays roannais.

Patrick Gaya est chargé d'affaires chez APRRES Industries, il qualifie ce projet de "chance inouïe"

Le char a été engagé dans la guerre le 5 mai 1917. Il défilera donc en hommage aux soldats et personnels de l'époque à la même date, cent ans plus tard.

Sur le char, la signature de la FAMH - Radio France
Sur le char, la signature de la FAMH © Radio France - Mahauld Becker-Granier

Un défi technique de taille 

Rendre mobile ce char qui n'avait plus de moyen de propulsion depuis de très longues années a été un défi important pour les ingénieurs à plusieurs niveaux. D'une part, il fallait intégrer un nouveau moteur tout en conservant toute la structure centenaire. Le choix du moteur thermique, très moderne, a été fait. Deux génératrices ont aussi été installées - comme à l'époque - elles fournissent chacune l'électricité à l'une des chenilles.

Le moteur original et hors d'état : 22 tonnes.  - Radio France
Le moteur original et hors d'état : 22 tonnes. © Radio France - Mahauld Becker-Granier

Cette belle histoire a d'ailleurs donné des idées dans la région : les élèves du lycée Claude Lebois à Saint-Chamond travaillent à la fabrication d'une maquette du char grandeur nature. Le but : rendre hommage à leur ville où le char a été construit tout en travaillant sur la modélisation et la conception d'une pièce pour le moins complexe.

Le canon à l'avant du char  - Radio France
Le canon à l'avant du char © Radio France - Mahauld Becker-Granier

Partager sur :