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Dossier : Coronavirus

Coronavirus et confinement : le dilemme des assistantes maternelles

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Par , France Bleu Isère

Celles qui accueillent encore des enfants manquent souvent de protections face au coronavirus, celles qui n'en gardent plus font souvent face à des baisses de revenu. En pleine crise sanitaire et économique, certaines professionnelles s'estiment oubliées par les autorités.

L’accueil des enfants de moins de 3 ans par les assistantes maternelles est bien maintenu dans le Puy-de-Dôme
L’accueil des enfants de moins de 3 ans par les assistantes maternelles est bien maintenu dans le Puy-de-Dôme © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

On ne les entend pas souvent, mais en pleine épidémie de Covid-19, le rôle des "AssMat" est devenu essentiel pour les professions qui doivent absolument travailler... et donc faire garder leurs enfants, surtout les plus jeunes. On compte 9.300 nounous agréées dans le département de l'Isère. Beaucoup cependant n'ont plus d'enfant à garder. 

"Pas tranquille"

C'est le cas d'Antoinette aux Abrets-en-Dauphiné. Elle s'occupe habituellement de cinq enfants. Plus aucun ne vient depuis le début du confinement. Mais dès cette semaine, elle reprendra la garde d'une fratrie - 5 et 8 ans - le mercredi matin. "Je ne suis pas tranquille" avoue Antoinette. La maman travaille dans un supermarché, sa compagne dans une maison de retraite ; autrement dit deux professions exposées. Alors, l'assistante maternelle a demandé que les enfants viennent avec leurs propres jouets pour ne pas avoir à les désinfecter. 

Et elle se prépare à appliquer les fameux "gestes barrières" comme la distanciation sociale, même si ce n'est par forcément facile avec des enfants. Et puis sa fille, couturière, lui a confectionné des masques : "ils sont en tissus, je les garderai donc 2 heures, 2 heures 30 avant de les changer et une fois les enfants partis je les laverai à 60 degrés" détaille-t-elle. Avant de déplorer l'absence de soutien de la part du gouvernement : "C'est vrai que l'état n'a pas beaucoup œuvré pour nous. On doit pouvoir garder les enfants, mais on n'a pas de moyens de protection. On se débrouille par nous-même." 

Salaire de base maintenu pour certaines nounous

Le point positif, c'est qu'elle est rémunérée à peu près comme si elle travaillait normalement. "Les parents sont adorables" sourit Antoinette. Pas de chômage partiel, elle touche 100% de son salaire de base. Même chose pour Jennifer, à Bourgoin-Jallieu. Elle non plus ne garde plus d'enfant depuis trois semaines et les parents ont décidé de continuer à la payer comme avant ; mais l'assistante maternelle perd tout de même certaines indemnités journalières - l'équivalent d'environ 350 euros par mois. 

Au Sappey-en-Chartreuse, Lucie a d'abord été en arrêt de travail (arrêt maladie) pendant deux semaines pour s'occuper de ses enfants à elle. Pour le mois d'avril, elle sera payée 80% de son salaire, soit l'équivalent de ce que l'état prend en charge. Car les parents ne peuvent pas toujours ajouter la différence pour parvenir aux 100%. "Je reste à l'écoute de leur situation, parce que ne n'est facile pour personne, tempère la jeune femme. Moi je perds du salaire ; mais dans une famille l'un des deux perd son salaire parce que son emploi s'est arrêté. Donc ils vont me payer ce qu'ils peuvent..." 

Toutes espèrent que la situation ne dure pas trop longtemps. Pour une question d'argent, mais pas seulement. "Je fais ce métier parce que j'adore les enfants, conclue Jennifer. Et là de me retrouver sans enfant... c'est un peu compliqué !" 

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