Société

Le dossier de l'amiante à nouveau devant les prud'hommes de Cherbourg

Par Férouse Mansour, France Bleu Cotentin vendredi 14 mars 2014 à 21:50

Les anciens salariés des CMN aux Prud'hommes de Cherbourg.

70 anciens salariés de la construction navale de Cherbourg demandent réparation aux prud'hommes. Tous ont travaillé pendant des années en contact avec de l'amiante principalement pour les CMN. Ils ne sont pas malades mais craignent de le devenir et ils réclament la reconnaissance du préjudice d'anxiété. La décision des prud'hommes sera rendue le 19 novembre.

Amers, les anciens salariés des Constructions Mécaniques de Normandie (CMN) ont quitté le Conseil des prud'hommes de Cherbourg ce vendredi après-midi.

Ces ex-salariés, principalement des CMN ou de ses sous-traitants ont travaillé toute leur vie dans la construction navale, en contact direct avec l'amiante et sans protection.

La salle d'audience est comble. Ils sont environ 70 à avoir fait le déplacement ce vendredi après-midi. Pendant deux heures et demi, ils ont écouté attentivement les plaidoiries des différents avocats, le leur mais aussi ceux des différentes entreprises mises en cause.

L'enjeu c'est la reconnaissance du préjudice d'anxiété. C'est à dire la peur de tomber malade et de voir un jour un cancer se déclarer.

Une épée de Damoclès au-dessus de la tête

C'est le cas de Louis 65 ans, après 36 ans passés aux CMN, onze années après son départ à la retraite on vient de lui déclarer un cancer. Il en est à sa quatrième chimiothérapie.

Denis son ancien collègue est là aussi, en bonne santé pour l'instant  mais il vit, confie-t-il, avec une épée de Damoclès au dessus de la tête. La plupart des ex-salariés présents disent vivre avec la peur.

Les anciens salariés réclament réparation

Tous attendent réparation mais également une reconnaissance de la part de la justice et cela depuis longtemps déjà. Pour mener leur combat, ces salariés se sont regroupés au sein de l'assocation Adeva présente à l'audience.

Les prud'hommes de Cherbourg n'ont jamais reconnu le préjudice d'anxièté. Et pourtant la Cour d'appel de Caen a reconnu ce préjudice et a même condamné les CMN à verser une indemnité de 8.000 euros à deux de ses anciens salariés.  La Cour de cassation va également dans le même sens dans deux arrêtés qu'elle a formulés en 2012 et 2013.Les anciens salariés des CMN réclament 30.000 euros chacun à leur ex-employeur pour ce préjudice d'anxiété.

La décision du Conseil des prud'hommes de Cherbourg sera rendue le 19 novembre.

Le dossier de l'amiante à nouveau devant les Prud'hommes de Cherbourg

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