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Dossier : Coronavirus

Le formidable élan de générosité pour les migrants à Nancy

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Par , France Bleu Sud Lorraine

L’association Un toit pour les migrants à Nancy vient en aide à près de 70 familles et plus de 50 jeunes. Lors de leur dernier appel à générosité lancé au début du confinement, les bénévoles ont reçu trois fois plus de dons que d’habitude. Un formidable élan pour des migrants en grande précarité.

Distribution de nourriture à des migrants dans le jardin d’un bénévole à Nancy.
Distribution de nourriture à des migrants dans le jardin d’un bénévole à Nancy. © Radio France - Droits réservés.

La trésorière de l’association s’attendait à un élan de générosité, mais là, c’est « trois à quatre fois plus » que d’habitude. L’association Un toit pour les migrants à Nancy, a été agréablement surprise par la solidarité des Nancéiens ; il faut dire que les besoins sont énormes pour les 70 familles et plus de 50 jeunes sans papier confinés.

Une association qui aide un public qui n’a « pas de pécule, ni de stock ». Des dons bienvenus, notamment sur une cagnotte en ligne, d’autant que la situation de confinement due au coronavirus va encore durer de longues semaines. 

Mobilisation sans précédent

Si l’association a l’habitude de recevoir des dons importants, en septembre, pour aider à la scolarisation ou en fin d’année, cette fois, la mobilisation a été sans précédent depuis la création de l’association constate la trésorière, Brigitte Delacourt touchée par « un vrai élan de solidarité et c’est très beau ». 

Ce qui leur manque le plus, c’est de retrouver leurs copains et de jouer au foot, de se retrouver entre nationalités 

Bernard Roynette, accueille des migrants chez lui et constate « les liens se sont resserrés dans une ambiance de solidarité très positive » avec le confinement. La boulangère du quartier nous vend du pain moins cher pour les jeunes « alors que l’on n'a rien demandé ». Des « migrants qui sont en première ligne dans cette histoire », mais on s’organise.

Très difficile pour les familles

Et les migrants qui ont fui leur pays s’adaptent. Pour les jeunes majeurs venus seuls, « ce qui leur manque le plus, c’est de retrouver leurs copains, c’est de jouer au foot». Pour les études, « ça se passe très bien pour la plupart de ceux qui sont en lycée avec un ordinateur et des cours en visio. » La situation est surtout très difficile pour les familles isolées qui vont avoir du mal à payer les factures de gaz ou d’électricité ou leur loyer. 

Des migrants fabriquent de masques pour eux et pour les bénévoles.
Des migrants fabriquent de masques pour eux et pour les bénévoles. © Radio France - Droits réservés.

Certains étaient apeurés au début, mais ces migrants qui pour la plupart ont traversé une partie de l’Afrique et la Méditerranée en risquant leur vie, se sont contraints au confinement. Certains ont même commencé la fabrication de masques en tissu avec une notice, un patron et du matériel donné par des adhérents. 

Des masques pour eux et pour les bénévoles de l’association Un toit pour les migrants ; une grande majorité des bénévoles sont des retraités et appliquent à la lettre les gestes barrières. Si après cette crise, « il pouvait y a voir une relève » avec de nouveaux bénévoles « il y a toujours du positif dans une crise » analyse-t-on.

Depuis qu’ils vivent à Nancy, leur famille, ce sont leurs amis. Avant le confinement, ils se rencontraient souvent par nationalités

Rassurer est important pour Noël Laporte, bénévole qui aide plusieurs jeunes migrants répartis dans des appartements loués par l’association, « depuis qu’ils vivent à Nancy, leur famille, ce sont leurs amis. Avant le confinement, ils se rencontraient souvent par nationalité». Pour les bénévoles, il faut aussi parfois informer, « au début, certains croyaient davantage aux rumeurs sur le coronavirus qu’à ce qu’on pouvait leur dire ; mais certains débusquent les fake news, les fausses vidéos et transmettent l’information aux autres. Il a fallu les rassurer et les convaincre de la réalité ». 

Contacts par téléphone

Une association qui s’est adaptée : « Nous faisons attention aux gestes barrières et nous n’entrons plus dans les appartements. Le contact est plus compliqué avec eux, cela se fait par téléphone. Concernant les jeunes, pour l’école, c’est parfois un peu compliqué pour les aider » constatent les adhérents.       

Seul point positif : « ils ne sont plus embêtés avec les papiers en ce moment », les procédures de demande de droit d’asile sont gelées et la police semble  tolérante sur les papiers depuis le début de la crise du coronavirus. 

Procédures stoppées

Avec une activité stoppée : les procédures pour obtenir des papiers qui prennent du temps et obligent, en temps normal, à des déplacements parfois lointains : « tout est gelé » au niveau judiciaire et ça rassure les jeunes. 

On recherche des compétences mais ce sera plus facile une fois le confinement terminé

Une association qui agit dans la discrétion mais cet élan de solidarité « fait chaud au cœur » avec de nombreux donateurs à Nancy et dans la région. Peut-être que certains se sont dit « on ne peut pas donner un coup de main mais on va ouvrir notre porte-monnaie » analyse un bénévole qui estime que pour les familles, c’est une « vrai aubaine » car il y a de véritables besoins. 

Une solidarité postive entre migrants et bénévoles à Nancy.
Une solidarité postive entre migrants et bénévoles à Nancy. © Radio France - Droits réservés.

Tous les bénévoles joints par téléphone* constatent un vrai élan. Certains vont apporter des gâteaux au domicile des migrants, mais pour les familles, le plus important pour passser cette crise, ce sont les dons, possibles en passant par la page facebook de l'association. « On recherche des compétences  mais ce sera plus facile une fois le confinement terminé» avouent les retraités dynamiques qui donnent de leur temps pour aider les migrants qui ont arrivés à Nancy.

* Reportage réalisé à distance par téléphone, tous les journalistes de Radio France à Nancy ont interdiction formelle de sortir pour réaliser des reportages. 

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