Société

Le GICB dans la tourmente

Par Charlotte Coutard, France Bleu Roussillon dimanche 15 juin 2014 à 15:34

Banyuls-sur-mer
Banyuls-sur-mer © cedric.lacrambe / Creative commons

Le Groupement Interproducteurs Collioure-Banyuls est en procédure de sauvegarde. Objectif : éviter la cessation de paiements et le dépôt de bilan. C'est le GICB qui a déclenché cette procédure, car l'une de ses banques partenaires a décidé de se désengager et demande le remboursement dans les prochains mois de 600.000 euros. Avec cette procédure, la dette du GICB est gelée.

Le Groupement Interproducteurs Collioure-Banyuls est placé en procédure de sauvegarde depuis le 22 mai dernier, pour éviter la cessation de paiements et à terme le dépôt de bilan. Une de ses banques partenaires, le CIC, a décidé de se désengager du Pool Bancaire, et demande le remboursement avant fin 2015 de 600 000 euros .

Impossible pour l'entreprise, coincée dans une situation financière compliquée avec une dette de 14,5 millions d'euros . Le GICB a donc décidé de se mettre en procédure de sauvegarde. Cela signifie que les dettes sont gelées pour une durée de 30 mois . Et dans 30 mois, le GICB devra présenter un plan de sauvegarde : un plan de remboursement qui pourra s'étaler sur plusieurs années, jusqu'à 10 ans, avec l'accord d'un mandataire judiciaire. Le chiffre d'affaires du GICB est 24 millions d'euros, mais il a baissé de 11% en 6 ans.

On ne change rien !

Mais les responsables du GICB ont décidé de poursuivre dans leur stratégie de développement : trente nouveaux commerciaux vont être engagés d'ici fin de 2014, et trente autres en 2015. Car la stratégie du GICB c'est de développer au maximum la vente à domicile, qui représente déjà plus de 80% de ces ventes.

La cave ne peut pas faire beaucoup de rendement, car les coûts de production sont élevés. Il faut donc se développer, se faire connaitre par la vente à domicile, pour pouvoir rembourser les dettes. C'est un plan de développement pour la période 2011 - 2018 qui a été validé par un audit.

"La vente à domicile est un vrai atout". Pierre Brunetti, directeur du GICB.

GICB - PIF / Directeur

Il faut développer les exportations pour sauver le GICB

Mais avec une stratégie comme celle-ci, on va droit dans le mur pour Francis Mallach, président de l'association Tots Lligats qui regroupe 130 coopérateurs du GICB. Il demande d'augmenter les ventes à l'export, sachant que les exportations représentent moins de 10% du chiffre d'affaires.

"Il ne faut pas seulement vendre en France, il faut vendre ailleurs". Francis Mallach, président de l'association Tots Lligats.

GICB - PAF / Association

GICB - Radio France
GICB © Radio France - Charlotte Coutard
 

Francis Mallach critique donc les stratégies de vente, mais aussi les investissements, la nouvelle cave notamment au Mas Ventous, qui a couté 12 millions d'euros , financés pour moitié par des subventions. Un investissement qui indispensable selon le président du GICB de 2004 à 2011, le maire de Banyuls-sur-Mer, Jean-Michel Solé, car l'ancienne cave en centre ville était devenue obsolète et dangereuse.

"L'ancienne cave était en train de nous tomber sur la tête". Jean-Michel Solé, maire de Banyuls-sur-Mer.

GICB - Enrobé

GICB - Radio France
GICB © Radio France - Charlotte Coutard
Il sera évidemment question de la situation financière du GICB lors du prochain conseil d'administration le 26 juin prochain. Au GICB il y a 80 salariés et 700 coopérateurs, dont une centaine qui ne vivent que de la vigne. Le GICB produit 50 % de Banyuls, 50% de Collioure. Moins de 10% de la production sont vendus en grande surface, alors que la grande distribution représentait 50% des ventes en 1995.