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Société

Le gouvernement veut les supprimer, les Centre d'information et d'orientation partent en guerre

mercredi 2 mai 2018 à 18:35 Par Noémie Philippot, France Bleu Saint-Étienne Loire

Supprimer les Centres d'information et d'orientation (C.I.O.), passer sous le contrôle des régions plutôt que de l'Education nationale ... voici quelques unes des mesures prévues par le gouvernement dans sa réforme de l'orientation. Et ça ne passe pas pour le personnel des CIO.

Pour Dominique Leylavergne, la directrice du CIO de Saint-Etienne Couriot, cette réforme est à l'opposé de la façon de travailler avec les jeunes.
Pour Dominique Leylavergne, la directrice du CIO de Saint-Etienne Couriot, cette réforme est à l'opposé de la façon de travailler avec les jeunes. © Radio France - Noémie Philippot

Saint-Étienne, France

Vous les connaissez peut-être mieux sous le nom de "conseillers d'orientations". Ils conseillent ados et jeunes adultes pour construire leur parcours et leur vie professionnelle. Les psychologues de l'Education nationale (Psy-EN) manifestent ce jeudi devant le rectorat de Lyon, et dans plusieurs villes de France contre la réforme que souhaite leur imposer le gouvernement, dans le cadre de la loi pour la "liberté de choisir son avenir professionnel" présenté le 6 avril dernier par Muriel Pénicaud, la Ministre du travail. 

Inégalité entre les régions

Jusqu'ici, les C.I.O. fonctionnaient sous la tutelle de l'Education nationale, ce qui garantissait la "neutralité de l'information fournie" explique Dominique Leylavergne, directrice du C.I.O. Couriot à Saint-Etienne. Avec cette réforme, la partie information passerait sous l'autorité des conseils régionaux. 

Selon Dominique Leylavergne, "le risque, c'est qu'on ne parle que de l'emploi et de l'économie et de la région" et "que l'on ait que _des consignes sur les métiers en tension._" Une façon de faire qui créerait de l'inégalité entre les régions : "Si on est dans une région riche, peut-être qu'on pourra moins le sentir parce que l'offre sera plus importante. Mais si on est dans une région en difficulté sur un plan économique, l'offre sera très restreinte, très contrainte." Au bout du compte, les jeunes à la recherche d'un emploi seraient beaucoup moins mobiles.

Limiter l'accès au service

Autre menace dénoncée par les Psy-EN : celle de la suppression des C.I.O. Leur personnel serait amené, a priori, à s'installer directement au cœur des établissement scolaires. Un déménagement justifié par le fait que l'activité des Psy-EN se concentre à 71% dans les établissements selon le gouvernement, et que les C.I.O sont peu fréquentés. 

Sauf que le service des C.I.O ne concernent pas uniquement les élèves des collèges et les lycéens : des adultes en pleine reconversion professionnelle, mais aussi des adolescents qui sont sortis du système scolaire. Alors pour Bruno Ravel, Psy-EN au C.I.O. de Saint-Etienne Couriot, cette réforme est réductrice : "C'est un lieu qui est ouvert à tout le monde. Si on ferme les C.I.O., ces personnes-là de fait ne viendront plus. Où est-ce qu'elles s'adresseront ? On ne le sait pas du tout, et on peut difficilement imaginer dire à un jeune en difficulté avec le système scolaire "si tu veux, on prend un rendez-vous au collège et au lycée dans lequel tu viens d'être exclu."" ironise-t-il.  

Alors d'ici le mois de juin et le passage de cette loi devant le Parlement, les Psy-En et les directeurs de C.I.O. partent en guerre contre le gouvernement. La prochaine mobilisation est prévue le 22 mai, d'autres opérations sont en cours d'organisation.