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Dossier : Grenelle des violences conjugales

Le "Grenelle contre les violences conjugales" lancé ce mardi, les associations espèrent un "plan Marshall"

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Champagne-Ardenne

Ce mardi, la ministre de l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa lance le "Grenelle contre les violences conjugales", pour tenter de trouver des solutions contre les violences faites aux femmes. Un rendez-vous alors qu'on a atteint le 100e féminicide en France depuis le début de l'année.

Lors d'une manifestation à Paris, le 8 mars dernier.
Lors d'une manifestation à Paris, le 8 mars dernier. © AFP - Laure Boyer / Hans Lucas

Alors que le nombre symbolique de 100 femmes mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint depuis le 1er janvier a été atteint ce week-end, la secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa et plusieurs membres du gouvernement lancent, ce mardi, le "Grenelle contre les violences conjugales", pour tenter d'apporter des solutions à ce fléau. Les associations et proches de victimes de féminicides espèrent des mesures immédiates et davantage de moyens. 

Un "Grenelle", pour quoi faire ? 

Le gouvernement veut faire reculer les violences physiques ou sexuelles dont sont victimes 220.000 femmes chaque année dans un cadre conjugal, selon les données officielles. En 2018, le ministère de l'Intérieur avait recensé 121 féminicides pour toute l'année, soit un tous les trois jours. Le week-end dernier, la 100ème femme morte sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l'année a été tuée à Cagnes-sur-mer. 

La concertation doit s'achever le 25 novembre, date de la journée pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Elle est aussi déclinée en 91 "Grenelles" locaux.

Des "annonces fortes" seront faites dès le premier jour du Grenelle, a promis Marlène Schiappa. Dès jeudi, dans un entretien à Ouest-France, la ministre a annoncé la création d'un "fonds spécial" contre les féminicides d'un million d'euros à destination d'"associations de terrain", un dispositif qui sera expérimenté dans trois régions (Pays de la Loire, Hauts-de-France et Bourgogne).

Qui sont les participants ? 

L’exécutif veut afficher sa détermination sur ce thème, en mobilisant plusieurs membres du gouvernement autour du Premier ministre Edouard Philippe et de Marlène Schiappa : la ministre de la Justice Nicole Belloubet, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer, le ministre du Logement Julien Denormandie et le Secrétaire d'État à la Protection de l'enfance Adrien Taquet.

Des responsables d’associations, agents publics, acteurs de terrain, policiers, gendarmes, magistrats et avocats, ainsi que des proches de victimes de féminicides ont aussi été conviés à Matignon. En tout, environ 80 personnes vont participer aux échanges, qui vont donc durer trois mois. 

Des solutions existantes mais sous-utilisées

Téléphone grave danger, bracelet électronique anti-rapprochement, ou mesure d'accompagnement protégé : plusieurs dispositifs sont déjà inscrits dans la loi pour protéger les femmes, mais ils sont sous-utilisés, déplorent les associations. 

Ce que veulent les associations

Les associations féministes espèrent que ce "Grenelle" débouche sur un "plan Marshall" doté d'au moins 500 millions à un milliard d'euros. Ce lundi, une dizaine d’organisations, dont la Fédération Nationale Solidarité Femmes, qui gère le numéro d'écoute 3919, Femmes Solidaires ou le Planning familial, ont détaillé les mesures concrètes qu'elles souhaitent. 

Elles demandent notamment la création, avant la fin de l'année, d'au moins 2.000 places d'hébergement pour les femmes ayant fui le domicile conjugal, un renforcement de la prévention contre les violences sexistes dès l'école, la création d'instances judiciaires spécialisées, ou encore une meilleure formation des policiers et gendarmes appelés à recueillir les plaintes des femmes victimes. Les forces de l'ordre sont régulièrement accusés de refuser d'enregistrer certaines plaintes.

"On va être extrêmement attentives à ce que ce ne soit pas une opération de communication de la part du gouvernement" - Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes

"C'est un moment charnière, voire historique", car l'événement est inédit, a commenté Marie Cervetti, de l'association "Une femme, un toit". "On va être extrêmement attentives à ce que ce ne soit pas une opération de communication de la part du gouvernement", a confié Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la Fondation des femmes. 

"Nos priorités, ce sont une meilleure prise en compte de l'autorité parentale et un meilleur accès à l'hébergement des femmes victimes de violences", a expliqué à l'AFP Françoise Brié, la directrice générale de la Fédération nationale Solidarité femmes (FNSF). La FNSF souhaite que la possibilité de "dissimulation de l'adresse de la mère" soit étendue aux situations non couvertes par les "ordonnances de protection" délivrées par des juges aux affaires familiales. Une solution pour éviter que l'ex-conjoint violent ait accès aux coordonnées de son ancienne compagne, s'il partage avec elle l'autorité parentale sur un ou plusieurs enfants. Cette fédération demande en outre un "renforcement de l'arsenal législatif" passant par la création de "tribunaux spécialisés".

La FNSF demande enfin la création de centres d'hébergement ouverts 24 heures sur 24, "encore très rares en France".  Des places doivent notamment être débloquées pour les jeunes, estime Marie Cervetti.

Associations et militantes féministes dénoncent aussi un criant manque de moyens. Le collectif #NousToutes réclame un milliard d'euros pour mieux prévenir les violences faites aux femmes, loin des 79 millions d'euros de crédits spécifiquement alloués à cette lutte, selon une étude menée par cinq organisations.

"Cela n'a pas grand sens de faire une grande réunion de trois mois pour parler de solutions qu'on a depuis dix ans" - La féministe Caroline De Haas

Mais les associations sont en fait divisées sur l'utilité de ce "Grenelle", qui ne fait pas l'unanimité. "Cela n'a pas grand sens de faire une grande réunion de trois mois pour parler de solutions qu'on a depuis dix ans", tacle Caroline De Haas, membre du collectif #NousToutes, qui ne participera pas à l'événement. "Le Grenelle est une façon comme une autre de ne rien faire", avait attaqué la comédienne Eva Darlan lors d'un rassemblement, mercredi, à Paris.

Le groupe "Féminicides par compagnon ou ex" a appelé à une "marche vers le Grenelle" mardi. Et les militantes et militants féministes ont d'ores et déjà prévu de descendre en nombre dans la rue le samedi 23 novembre, deux jours avant la clôture du Grenelle.

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