Société

Le label "fait maison" va-t-il vraiment profiter aux clients des restaurants ?

Par Marina Cabiten, France Bleu jeudi 12 décembre 2013 à 18:05

Un label "fait maison" bientôt délivré dans les restaurants
Un label "fait maison" bientôt délivré dans les restaurants © MaxPPP

La mise en place d'un label "fait maison" dans les restaurants a été adoptée jeudi par les députés. Un logo qui est censé permettre aux clients d'identifier les plats cuisinés sur place. Bémol : il sera difficile d'en fixer les critères d'attribution, et de contrôler son utilisation.

Un label "fait maison" va bientôt être créé pour les restaurants, après le vote des députés dans la nuit de mercredi à jeudi. Un amendement initié par des grands chefs comme Ducasse ou Robuchon, qui fait partie du projet de loi sur la consommation. Il permettra aux clients, selon le gouvernement, d'identifier un plat entièrement cuisiné sur place, par opposition à un plat industriel réchauffé ou transformé.

Volonté de transparence

Selon l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, le principal syndicat du secteur, 80% des restaurateurs utilisent des produits industriels. Et après les récents scandales comme celui de la viande de cheval, les consommateurs ne seront pas contre un peu plus de transparence. Ceci dit, ce label "fait maison" prévu au départ pour être obligatoire a été rendu optionnel par les sénateurs.

Le "fait maison", une notion difficile à définir

Beaucoup de questions difficiles restent à trancher autour de ce logo "fait maison". Jusqu'où un produit peut-il être considéré comme brut ? Quel pourcentage de produits bruts faudra-t-il pour qualifier un plat de "fait maison" ? Et surtout, quels contrôles et quelles sanctions en cas de fraude ?

"On ne pourra jamais contrôler l'utilisation correcte du label dans les 200.000 restaurants de France" Mireille Schurch, sénatrice de l'Allier

Certains restaurateurs dénoncent aussi la diabolisation des produits industriels, qui ne sont pas forcément synonymes de mauvaise qualité. Précision utile : "fait maison" ne veut pas dire frais. Un restaurateur pourra tout à fait congeler des plats qu'il a préparés lui-même.

Un premier pas

Pour le Synhorcat, syndicat de restaurateurs, ce label va dans la bonne direction. Mais l'idéal serait selon cette organisation de carrément conditionner l'appellation "restaurant" à l'utilisation de produits bruts. En attendant, Martine Prosichel membre du Synhorcat rappelle que les clients ont aussi leur rôle à jouer, en faisant preuve de bon sens : "quand je vois une carte de restaurant qui fait six pages, il est évident que la cuisine n'est pas faite sur place. Je ne pousse pas la porte".