Société

Le Lutetia, l’hôtel parisien de l’espoir

Par France Bleu La Rochelle, France Bleu La Rochelle jeudi 9 mars 2017 à 6:00

La couverture du livre est illustrée par une photo de Marcel Bayod lors de ses 15 ans.
La couverture du livre est illustrée par une photo de Marcel Bayod lors de ses 15 ans. © Radio France - Jessica Fiscal

L’exposition « Lutetia 1945, le retour des déportés » est à La Rochelle jusqu’au 11 mars. L’occasion pour un public large de se rendre compte de l’horreur des camps allemands. A travers des photos, des lettres, cette exposition ouvre les portes d’une terreur intérieure.

Oui la seconde guerre mondiale a été une guerre que l’on appelle totale. Pourquoi ? Parce qu’elle a touché aussi bien des combattants que des civils. Et parmi les civils, des jeunes Français ont été arrêtés souvent pour de faux crimes, qu’ils n’avaient jamais commis.

Dans une vitrine, on retrouve des objets marquant cette époque. Le « schlag » servait à frapper les déportés de 25 coups dès la moindre faute. Le bout de pain plastifié représente la ration journalière des déportés. - Radio France
Dans une vitrine, on retrouve des objets marquant cette époque. Le « schlag » servait à frapper les déportés de 25 coups dès la moindre faute. Le bout de pain plastifié représente la ration journalière des déportés. © Radio France - Jessica Fiscal

C’est là toute l’histoire de Marcel Bayod, Haut-Garonnais de 91 ans qui a posé bagages à La Rochelle avec sa femme, aujourd’hui décédée, à la sortie de son atroce voyage dans les camps allemands et juste après son passage au Lutetia en 1945.

Matricule 36588

Ce Rochelais d’adoption n’a jamais quitté la Charente-Maritime depuis, et fait aujourd’hui des interventions dans des collèges, des lycées pour raconter son histoire aux plus jeunes. Il en a même écrit un livre titré de son lourd matricule, celui qu’il a du porter pendant 14 long mois : 36588.

On retrouve dans son livre des photos de famille, mais surtout son bonheur retrouvé après l’horreur en passant par le Lutetia, lieu dans lequel il a notamment retrouvé toute sa pleine identité et surtout sa liberté.

Claude Gorin (à gauche), responsable AFMD de la Rochelle et Marcel Bayod ( à droite) déporté politique au camp de Neuengamme. - Radio France
Claude Gorin (à gauche), responsable AFMD de la Rochelle et Marcel Bayod ( à droite) déporté politique au camp de Neuengamme. © Radio France - Jessica Fiscal

A l’occasion de cette exposition, Marcel Bayod a tenu une permanence à l’Oratoire de La Rochelle pour raconter son histoire, son voyage dans un monde irréel. Une émotion à retrouver dans ce reportage.

Le reportage de Jessica Fiscal sur France Bleu La Rochelle

L’exposition « Lutetia 1945, le retour des déportés » a un réel impact sur notre société d’aujourd’hui, à tel point que depuis mars 2015, elle a déjà parcouru plus de 30 lieux différents en France. Un devoir de mémoire important car comme le dit si bien Marcel Bayod : « Il ne faut pas que ça s’oublie. »

L'exposition est visible au Conseil Départemental de la Charente-Maritime, à La Rochelle, jusqu'au 11 mars. Elle sera ensuite présentée en Charente : à Confolens du 13 au 18 mars ; Chasseneuil-sur-Bonnieure du 20 au 25 mars ; Chabanais les 26 et 27 mars ; Baignes-Sainte-Radegonde du 28 au 31 mars.