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Société

Le maire de Grande-Synthe a rouvert un gymnase pour héberger les exilés

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Par , France Bleu Nord, France Bleu

Comme l'hiver dernier, la ville de Grande-Synthe a ouvert, jeudi 27 décembre, un gymnase, pour accueillir les migrants qui dorment habituellement dehors, ou dans des campements de fortune. Le maire Damien Carême (EELV), a pris cette décision, sans passer de convention avec l'Etat. Reportage.

Environ 200 hommes, principalement des Kurdes d'Irak, sont hébergés en urgence à l'espace Jeunes du Moulin
Environ 200 hommes, principalement des Kurdes d'Irak, sont hébergés en urgence à l'espace Jeunes du Moulin © Radio France - Cécile Bidault

Grande-Synthe, France

En cette période hivernale, il avait annoncé qu'il mettrait les migrants à l'abri, même sans le feu vert de l'Etat : dans le Dunkerquois, le maire de Grande Synthe, Damien Carême (Europe Ecologie les Verts) est passé à l'action.

Jeudi 27 décembre, il a ouvert, comme il l'avait fait l'an dernier, un gymnase de la ville, l'espace Jeunes du Moulin. Un hébergement d'urgence où sont accueillis environ 200 hommes, en quasi-totalité des Kurdes irakiens. Un autre bâtiment municipal est disponible pour les familles, les femmes et les enfants.

Dehors, il faisait froid, surtout la nuit - Debar, 24 ans

Ils peuvent donc dormir au chaud, au moins jusqu'au 31 mars. Debar a 24 ans, il est arrivé en France il y a un mois. Au Kurdistan il a étudié l'Anglais, il rêve d'être enseignant en Angleterre. Après plusieurs semaines passées dehors, à dormir sous des tentes dans le bois du Puythouck, il souffle un peu : "dehors il faisait froid, surtout la nuit. Je me sens beaucoup plus en sécurité ici. Il fait chaud, il y a des douches, du savon, c'est important pour nous ! Nous sommes très reconnaissants de ce que la ville fait pour nous, pour nous sauver".

Chaque personne qui arrive au gymnase s'inscrit, et reçoit un bracelet rouge, qui lui permet d'accéder. Mais les règles sont très strictes : pas de cigarette, pas d'alcool, sinon, c'est l'exclusion.

Ce sont des êtres humains, ils ont droit à un minimum - Djed Bouchi, employé de la mairie de Grande-Synthe

Une douzaine de salariés de la ville de Grande-Synthe se relaient pour encadrer les exilés. Djed Bouchi, coordinateur de ce foyer improvisé, le juge indispensable, même sans feu vert et sans coup de pouce de l'Etat : "on l'a fait l'année dernière, on le fait cette année, mais jusqu'à quand ? Là ça va, les températures sont plutôt clémentes, mais quand ça va descendre, on risque d'avoir un mort. Ce sont des êtres humains, ils ont droit à un minimum". L'an dernier, le gymnase est resté ouvert jusqu'à la dernière semaine de mai.

ECOUTEZ : reportage dans un gymnase de Grande-Synthe, où sont hébergés en urgence 200 exilés

Repas assurés par des associations

Trois fois par jour, des associations comme Emmaüs et Salam apportent les repas. Kazm est compagnon chez Emmaüs Dunkerque. A 29 ans, ce Kurde irakien, demandeur d'asile, était l'année dernière hébergé en urgence dans ce gymnase. Aujourd'hui, c'est lui qui aide : "je suis très content, c'est très différent de l'année dernière, pour moi. J'ai l'énergie pour aider les gens".

Kazm, 29 ans, a demandé l'asile en France. Hébergé dans le gymnase en urgence l'année dernière, cette année il donne un coup de main. - Radio France
Kazm, 29 ans, a demandé l'asile en France. Hébergé dans le gymnase en urgence l'année dernière, cette année il donne un coup de main. © Radio France - Cécile Bidault

Du bonheur pour la France

Aujourd'hui, Kazm a un vœu tout simple à formuler pour la nouvelle année : "du bonheur pour la France en 2019 !"

ECOUTEZ : reportage à Grande-Synthe, à l'espace Jeunes du Moulin