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Le Mans : des victimes de violences policières racistes témoignent pendant la marche Black Lives Matter

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Par , France Bleu Maine
Le Mans, France

La manifestation "Black Lives Matter" ("la vie des noirs compte") contre les violences policières racistes a rassemblé près de 2.000 personnes, ce samedi 6 juin 2020, au Mans. Dans la foule, de nombreuses personnes noires racontent leur expérience personnelle avec la police.

Comme ces lycéennes mancelles, beaucoup de jeunes brandissaient des pancartes pour dénoncer le racisme et les violences policières lors de la marche Black Lives Matter, ce samedi 6 juin 2020, au Mans.
Comme ces lycéennes mancelles, beaucoup de jeunes brandissaient des pancartes pour dénoncer le racisme et les violences policières lors de la marche Black Lives Matter, ce samedi 6 juin 2020, au Mans. © Radio France - Clémentine Sabrié

"Pas de justice, pas de paix", scandait la foule tout au long de la marche "Black Lives Matter" du Mans, ce samedi 6 juin 2020. Environ 2.000 personnes se sont réunies pour dire non au racisme et aux violences policières envers les personnes noires. Une manifestation qui suit le mouvement relancé aux Etats-Unis par la mort de George Floyd, un afro-américain tué par des policiers, à Minneapolis, le 25 mai 2020. 

Emmanuel Nonga, 27 ans, originaire du Cameroun, est exalté par ce rassemblement anti-raciste. Ce vendeur en prêt-à-porter manceau se rappelle d'un contrôle d'identité sur un marché en Normandie, en 2011, alors qu'il était encore mineur. "Je faisais le marché tranquillement et je n'avais pas ma pièce d'identité sur moi [...] Les policiers m'ont menotté et emmené au commissariat", explique-t-il. Quand le jeune homme demande pourquoi il est embarqué, les policiers lui répondent : "C'est pas vous qui décidez, c'est comme ça la France." Ce jour-là, Emmanuel Nonga n'était qu'avec des amis blancs. Lui seul a été contrôlé. S'il a manifesté ce samedi, c'est pour que ses enfants n'aient pas à subir ce type de contrôle au faciès.

C'était en 2011. Nous sommes en 2020 et la situation s'est empirée.

Un manque de chiffres sur les violences policières

En France, les jeunes hommes perçus comme noirs ou arabes ont 20 fois plus de probabilité de se faire contrôler que les autres, selon une enquête du Défenseur des droits, Jacques Toubon, publiée en 2017. Shiyntun Mbock a bien connu ce phénomène en grandissant au Mans. "Dans ma jeunesse je l'ai beaucoup ressenti, puis un peu moins en grandissant, parce qu'on essaye de vivre avec et d'éviter de se retrouver dans ce genre de situations", détaille le trentenaire. Malgré tout, "quand il y a une voiture de police qui passe à côté de moi, je ne suis pas forcément serein à chaque fois", souligne Shiyntun Mbock. Des contrôles qui ont pu s'accompagner de chapelet d'injures racistes comme "sale nègre, sale noir, singe". "Des choses classiques malheureusement", commente Shiyntun Mbock.

Muriel est venue à la manifestation avec son fils de sept ans pour le sensibiliser aux comportements racistes de certains policiers. Elle lui a déjà dit de se méfier. "C'est le moment pour qu'il voit et qu'il comprenne pour que les choses ne se répètent pas demain", détaille la maman. Léana, une Mancelle de 13 ans, a reçu le même discours par ses parents. "Ils se sont fait arrêter alors qu'ils n'avaient rien fait plusieurs fois et je trouve ça horrible", explique cette collégienne. 

Si on évoque surtout les chiffres des contrôles au faciès en France, c'est parce qu'il n'existe aucune statistique officielle sur les violences policières. Le seul chiffre disponible est celui des enquêtes confiées à l'IGPN  (Inspection générale de la police nationale). En 2018, 612 enquêtes de cette instance concernaient des violences volontaires de policiers.

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