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Société

Le Nord renoue le fil avec sa grande histoire textile

mardi 5 juin 2018 à 18:05 Par Antoine Sabbagh, France Bleu Nord

C'est un secteur qui a fait les belles heures de la région au siècle dernier, mais qui a connu une terrible crise dans les années 70. Le textile connait désormais un renouveau dans la métropole lilloise. Des entreprises reviennent et les formations attirent de plus en plus de jeunes.

C'est ici à Roubaix, sur 2000 m2, que Vanoutryve va rapatrier ses machines de production
C'est ici à Roubaix, sur 2000 m2, que Vanoutryve va rapatrier ses machines de production © Radio France - Antoine Sabbagh

Roubaix, France

Comme un fil qui ne s'est jamais vraiment rompu. Vanoutryve, l'une des entreprises les plus emblématiques du textile roubaisien, va dans quelques jours faire son grand retour dans sa ville-berceau. Alors pas dans l'usine historique qui a employé des milliers de salariés au siècle dernier, mais dans une ancienne fabrique de matelas du quartier de la Mackellerie. Les tissus Vanoutryve, spécialisés dans le lin et le velours haut de gamme, avaient quitté Roubaix en 2001 sur fond de graves difficultés et s'étaient installés en Belgique où ils ont fait faillite. 

Le retour à Roubaix d'un grand nom du textile 

Mais l'entreprise emblématique a été reprise par un spécialiste du textile, le Lyonnais Laurent Mainaud. Et c'est lui qui a tenu à rapatrier la production à Roubaix "Parce que pour moi le textile c'est Roubaix, c'est la capitale française du fil. Plusieurs villes nous avaient proposé des locaux mais j'ai fait le choix de Roubaix car la ville a de nombreux atouts dans le domaine. Et ici il y aura une petite dizaine de salariés qui s'occuperont de tout le processus, de la création à la fabrication. Nous allons notamment produire du velours pour des marques d'ameublement haut de gamme"

Le renouveau du textile : illustration sonore à Roubaix et Lille

Pour la fabrication Laurent Mainaud va rapatrier plusieurs machines de Belgique, certaines datent d'un siècle, pèsent plusieurs tonnes de fonte. Mais elles sont la garantie du savoir-faire et de la "touche" Vanoutryve.

Dans les écoles spécialisées de Roubaix, on sent aussi ce renouveau du textile. De grands noms du stylisme sont sortis de l'ESMOD. Et du côté de l'ENSAIT, qui forme des ingénieurs textile, c'est aussi le boom "Il y a 10 ans, nous diplômions 50 élèves par an, désormais c'est autour de 130 car il y a de vrais besoins. Et nos élèves trouvent du travail très vite : pour la dernière promotion, le délai moyen pour décrocher un job était de 12 jours, contre 27 l'année précédente", explique le directeur Eric Devaux, qui se félicite de voir des élèves venir dans son école par "choix". "Alors qu'il y a quelques années les élèves qui venaient chez nous étaient ceux qui avaient raté des écoles plus prestigieuses".

130 diplômés par an à l'ENSAIT de Roubaix...contre 50 en 2005

Et l'école offre de multiples débouchés, Decathlon est le premier employeur, mais il y a également des entreprises d'aéronautique ou d'automobile car le tissu est partout. Et désormais c'est l'ère du tissu intelligent, connecté. Avec par exemple des capteurs médicaux dans les vêtements.

Le textile haut de gamme, spécialisé ou branché marche très fort également. A l'image de l'impressionnant succès du Colonel Moutarde. Il y a 6 ans, le jeune couple qui a créé l'entreprise fabriquait ses noeuds papillons dans son appartement le soir. Désormais, ils sont installés dans un atelier de 300m2 et emploie une quinzaine de salariés "Il y a quelques années quand on avait 3/4 commandes par jour on était très heureux raconte Clémence Yon la co-fondatrice. Aujourd'hui on en vend plusieurs centaines par jour, sur notre site mais aussi dans nos boutiques de Lille, Paris, Lyon et Londres. Et on s'est diversifiés avec des cravates, des bretelles, des chaussettes..." La jeune entreprise a dépassé l'année dernière les 2 millions d'euros de chiffre d'affaires. Et sa directrice ne voit pas son avenir ailleurs "C'est génial ici on peut trouver des machines à Roubaix et on se fournit en fil à Marcq-en-Baroeul. En plus le foncier est beaucoup moins cher qu'à Paris"

Le Colonel Moutarde est désormais installé dans 300m2 à Lille - Radio France
Le Colonel Moutarde est désormais installé dans 300m2 à Lille © Radio France - Antoine Sabbagh

Un autre modèle de production textile que celui du siècle dernier

Alors certes ce renouveau du textile est indéniable, pour la première fois l'an dernier le secteur a créé des emplois dans la région. On compte aujourd'hui 14 000 salariés dans les Hauts-de-France. Mais en raison de coûts salariaux élevés et de la mondialisation, le textile régional s'invente un autre modèle "Nous n'aurons plus jamais la Lainière de Roubaix avec ses 8 000 salariés, mais désormais ce sont plutôt des petites structures dynamiques, spécialisées, qui profitent de l'éco-système du Nord et si ça fonctionne on peut arriver à plusieurs milliers d'emplois" se félicite Laurent Mainaud, qui sera fier de montrer aux Roubaisiens sa future usine textile Vanoutryve. Pour leur montrer que le fil ne s'est jamais vraiment rompu.