Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Le préfet de l'Hérault auditionné par une commission d'enquête parlementaire sur l'extrême-droite

vendredi 22 février 2019 à 4:25 Par Salah Hamdaoui, France Bleu Hérault

Pierre Pouëssel, préfet de l'Hérault, a été auditionné ce jeudi par la commission d'enquête parlementaire contre les groupuscules d'extrême-droite en France. Il a notamment été questionné sur la Ligue du Midi et sur les Brigandes.

Le préfet Pierre Pouëssel a été auditionné jeudi 21 février pendant 3/4 d'heure
Le préfet Pierre Pouëssel a été auditionné jeudi 21 février pendant 3/4 d'heure © Maxppp -

Hérault, France

Pierre Pouëssel, préfet de l'Hérault, a été auditionné pendant trois-quarts d'heure ce jeudi par la commission d'enquête parlementaire contre les groupuscules d'extrême-droite en France. Une commission présidée par une députée qui n'est autre que la Montpelliéraine Muriel Ressiguier de la France insoumise. En préambule, elle a expliqué que cette commission était chargée de "faire un état des lieux sur l'ampleur du caractère délictuel et criminel des pratiques des groupuscules d’extrême-droite, ainsi qu'émettre des propositions relatives à la création d'outils visant à lutter plus efficacement contre les menaces perpétrées à l'encontre de nos institutions et de leurs agents ainsi que des citoyennes et des citoyens."

Des micro-structures à durée de vie limitée

Pierre Pouëssel a commencé par dresser un panorama des ces groupuscules dans l'Hérault. Il a recensé sept formations concurrentes, en proie à des querelles incessantes de personnes parfois sur fond de différences idéologiques. Des micro-structures à durée de vie limitée, selon lui, parce qu'elles ne disposent pas de ressources financières suffisantes en raison de leur faible nombre d'adhérents. Le préfet s'est attardé sur trois groupes qui se distinguent dans le département.

La Ligue du Midi

Une structure familiale, implantée aux confins du Gard et de l'Hérault et qui compte une quarantaine d'adhérents. "On y cultive les valeurs d’extrême-droite de père en fils, on a les 50 nuances de l'extrême-droite." Pierre Pouëssel énumère en partant de l'OAS, passant par Mauras, l'Action française et Unité radicale, groupuscule dissout suite à la tentative d'assassinat sur Jacques Chirac le 14 juillet 2002. Malgré certaines opérations coup de poing, ce groupuscule qui se dit "identitaire, patriote et citoyen" ne remplit pas tous les critères pour étre dissout, au regard du code de Sécurité intérieure (art. L212-1)

Les Brigandes 

Une vingtaine d'adultes et une douzaine d'enfants qui vivent à La Salvetat-sur-Agout "autour d'une sorte de gourou, exaltés et complotistes véhiculant une idéologie xénophobe et raciste". En fait, c'est un groupe féminin de "rock identitaire" qui vit en vase-clos et qui ne se distingue pas par des désordres particuliers, selon préfet. Et d'ailleurs, "le maire a des relations tout à fait apaisées avec ce groupe". Questionné sur le fait que les Brigandes interprètent impunément des chansons dont les paroles pourraient tomber sous le coup de la loi, Pierre Pouëssel précise avoir fait un signalement auprès du procureur de la République de Montpellier en vertu de l'article 40. C'était en 2017 et depuis, aucune nouvelle.

Génération identitaire

Connu au niveau national, le préfet estime qu'il y a une quarantaine de membres actifs dans l'Hérault. Pierre Pouëssel a également évoqué des micro-groupuscules présents dans le département. Combat 18, groupe "néo-nazi qui va être dissout" mais qui a disparu en 2018 faute de combattants. Il y en a un autre, "affilié aux Hells Angels sur Sète avec un certain Ayoub" (Serge, ndlr) qui faisait partie de la Troisième voie mais qui se retrouve pratiquement seul à Sète. Enfin, il y a les soldats d'Odin, mouvement créé en Finlande, islamophobe et anti-immigration. Ils ont eu un contact avec les Brigandes à La Salvetat : "On les surveille mais leur présence est tout à fait marginale."

En bonus, l'extrême-gauche

Alors qu'il n'était pas questionné sur ce thème, Pierre Pouëssel a tout de même tenu à signaler qu'à ce jour, ce sont plutôt les groupuscules d'extrême-gauche qui lui posent problème. Très actifs à Montpellier, ils s'illustrent chaque samedi, "en tête des gilets jaunes pour affronter les forces de l'ordre". La présidente de la commission, élue de la France insoumise, a dû apprécier la remarque.

L'intégralité de l'audition de Pierre Pouëssel en vidéo, sur le site de l'Assemblée nationale.