Société

Le préfet propose de régulariser la situation des réfugiés syriens à Calais

Par Eric Turpin, France Bleu Nord vendredi 4 octobre 2013 à 10:13

Une soixantaine de Syriens bloquent l'accès piétons du terminal ferry à Calais
Une soixantaine de Syriens bloquent l'accès piétons du terminal ferry à Calais © Jean-Pierre Brunet - MaxPPP

Alors qu'une soixantaine de Syriens occupent depuis mercredi après-midi la passerelle du terminal ferry de Calais pour aller en Angleterre, le préfet du Pas-de-Calais propose de régulariser leur situation en France. Une cinquantaine de policiers avaient tenté de les évacuer vers 8h ce matin. L'intervention a été interrompue, deux réfugiés menaçant de se jeter dans le vide.

« Aujourd’hui, les Syriens présents ici, se sont mis dans une impasse qui ne fera pas évoluer leur situation. Ce que nous pouvons faire, c’est leur donner un statut sur le territoire français ». C'est la proposition du préfet du Pas-de-Calais, Denis Robin, pour sortir de l'impasse. « Je ne les incite pas à s'installer en France mais à régulariser leur situation en France ».

Carte de localisation - Calais - agence idé - Aucun(e)
Carte de localisation - Calais - agence idé

Depuis mercredi, une soixantaine de Syriens occupent une passerelle du terminal ferry de Calais, sans perturber le trafic transmanche. Une quarantaine d’hommes observent une grève de la faim. Et ils sont déterminés à rester jusqu’à leur arrivée en Grande-Bretagne où ils souhaitent demander l’asile. Certains ont déjà leur famille outre-manche et ils espèrent rapidement la rejoindre.

« Nous ne sommes pas des terroristes »

Ils ont installé des pancartes en cartons sur les barrières de la passerelle piétonne d’accès à la gare maritime sur lesquelles on peut lire : « Nous ne sommes pas des terroristes » ou encore « Take us to U.K. » (« Conduisez nous au Royaume Uni »).

Une cinquantaine de CRS sont arrivés vers 8h au terminal ferry de Calais. Mais ils ont cessé leur progression quand ils ont aperçu deux Syriens sur le toit d’un bâtiment, prêts à se jeter dans le vide. Le sous préfet de Calais, Alain Gérard, et le préfet du Pas-de-Calais, Denis Robin, sont très vite arrivés sur place pour négocier avec les migrants.

Deux réfugiés syriens menacent de sauter du toit d'un bâtiment voisin - Maxppp
Deux réfugiés syriens menacent de sauter du toit d'un bâtiment voisin © Maxppp

Les migrants syriens sont arrivés il y a environ un mois à Calais. Ils sont systématiquement chassés des squats qu’ils occupent par la police. 14 expulsions depuis le début du mois de septembre. Alors ils dorment dehors, dans le froid avec un repas et une boisson chaude distribués par les associations.

Le reportage de Emma Sarango

Ils ont quitté leurs villages syriens pour fuir les bombardements. Ils ont traversé l'Europe, par la route ou par la mer, comme Cherine, une syrienne de 30 ans qui a fait le voyage avec ses deux enfants de 3 et 8 ans. Un voyage de dix jours en bateau, de l’Egypte à l’Italie avec 200 autres réfugiés.

« Je vis dehors avec mes deux filles de 3 et 8 ans, sans manger et sans boire. Si j’étais toute seule, je tiendrais le coup. Mais pas avec mes enfants ».

Abdel Kader était étudiant en maths en Syrie. Il avait l’espoir de poursuivre son cursus en France. Il a rapidement déchanté.

« J’avais entendu que la France n’offrait pas de bonnes conditions d’accueil mais je ne pensais pas que c’était à ce point là. Finalement, j’ai fui la guerre pour le harcèlement policier. La France est censée être le défenseur des droits de l’homme mais pour nous, on ne fait rien ».

Le reportage de Perrine Storme

Tarik ne décolère pas : « Soit on meurt ici, soit on passe en Angleterre », explique  le jeune Syrien de 19 ans, persuadé de trouver de l’autre côté de la Manche plus d’humanité. Tarik espère pouvoir y faire venir sa mère et ses petits frères restés en Egypte.

Les Syriens veulent aller en Angleterre car la procédure d’asile est plus simple qu’en France ou dans d’autres pays européens.

Le préfet du Pas-de-Calais, Denis Robin avec les réfugiés syriens - Maxppp
Le préfet du Pas-de-Calais, Denis Robin avec les réfugiés syriens © Maxppp