Société

Le premier anniversaire d'un centre expérimental pour autistes à Pollestres

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon mercredi 1 avril 2015 à 16:34

Autisme (illustration)
Autisme (illustration) © Fotolia.com

Ce jeudi 2 avril, on célèbre la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Mais c'est aussi le premier anniversaire du Centre Catalan des Sciences Comportementales. Situé près de Perpignan, c'est le seul centre éducatif alternatif à la psychiatrie dans la région.

Un établissement d'un tout nouveau genre souffle sa première bougie à Pollestres, au sud de Perpignan. Le Centre Catalan des Sciences Comportementales (CCSC) s'adresse aux enfants autistes et à leurs familles. Dans la région Languedoc-Roussillon, c'est le seul qui propose la méthode ABA (analyse appliquée du comportement) qui adapte les cours aux problèmes de chaque enfant. Les onze pensionnaires accueillis sont pris en charge par un adulte différent toutes les heures.

"Avec un enfant qui se tape, on va tenter de comprendre à quoi ça sert pour lui de se taper ."

  • Une comportementaliste

A leur arrivée dans le centre, les enfants sont soumis à des tests de personnalité, ils suivent ensuite un programme rigoureux avec les cinq psychologues et éducateurs. Leurs interventions sont ciblées en fonction des capacités des enfants et des souhaits des familles.

"Par exemple, si on veut diminuer le comportement d'un enfant qui se tape, on va tenter de comprendre à quoi ça sert pour lui de se taper ", affirme Chérice Cardwell, psychologue comportementaliste. "Et ensuite, on va lui montrer des moyens plus simples pour attirer l'attention des autres. On augmente ainsi les interactions avec les adultes et les enfants de son entourage. "

Cette méthode est controversée. Certains spécialistes estiment qu'elle ne permet pas à l'enfant d'acquérir une autonomie. Mais pour Pierre Dabetic, un père de famille, la méthode ABA fait ses preuves. Son fils de 5 ans fréquente le CCSC depuis un an. Il a beaucoup progressé. "Il ne parle pas encore, mais il communique avec la langue des signes. Grâce à l'ABA il est plus apaisé, car on se comprend maintenant ".

Une méthode reconnue par l'Etat, mais non-remboursée

Le CCSC n'est pas soutenu financièrement par l'État, et les parents doivent débourser jusqu’à 1600 euros par mois , à raison de dix heures par semaine.

Pourtant, depuis 2012, la Haute autorité de santé reconnaît la méthode ABA et la conseille pour certains enfants. "Le problème c'est que quand les parents s'adressent à la Maison Départementale des Personnes Handicapées pour une aide financière, ils essuient systématiquement des refus " se désole Pierre Dabetic.

Si la situation ne se débloque pas, certaines familles pourraient se retrouver en très mauvaise posture. "On a déjà hypothéqué la maison et vidé les comptes épargne " regrette Pierre Dabetic. Il a dû mettre son travail entre parenthèses, et sa femme s'est mise à mi-temps.