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Le protoxyde d'azote, utilisé comme drogue hilarante, interdit aux mineurs à Sotteville-lès-Rouen

La vente de protoxyde d'azote a été interdite aux mineurs par la municipalité de Sotteville-lès-Rouen, ce lundi 17 février. Ce gaz, utilisé généralement en cuisine ou dans les hôpitaux, est détourné, notamment par les plus jeunes, pour en faire une drogue euphorisante et hilarante.

Utilisé pour des aérosols d'air ou des siphons à chantilly, le "proto" peut aussi être une drogue, de par son effet euphorisant.
Utilisé pour des aérosols d'air ou des siphons à chantilly, le "proto" peut aussi être une drogue, de par son effet euphorisant. © Maxppp - Leyla Vidal

Vous avez peut-être déjà aperçu ces petites cartouches métalliques, abandonnées dans le caniveau ou sur un trottoir. Ces cartouches, remplies de protoxyde d'azote, ont été la cible de la mairie de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime) dans un arrêté municipal rédigé le 17 février dernier, et effectif depuis ce vendredi 21 février : la maire Luce Pane a décidé d'interdire la vente, l'usage et l'abandon sur la voie publique de ces cartouches de gaz, utilisées de manière détournée comme une drogue euphorisante. Cette substance, utilisée dans des siphons à chantilly ou des aérosols d’air sec, est parfois inhalée via un ballon de baudruche en tant que gaz hilarant, notamment par des jeunes. 

Ce gaz peut provoquer troubles neurologiques, asphyxies, perte de connaissance, brûlure par le froid du gaz expulsé de la cartouche et autres vertiges selon la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildeca), qui alertait en fin d'année dernière sur l'expansion de cette pratique.

Interdiction aux mineurs

Les graves conséquences de ce détournement sont d'autant plus problématiques que le protoxyde d'azote est vendu librement, sans contrainte, du fait de son utilisation domestique. C'est pourquoi la mairie de Sotteville a décidé "d’astreindre l’accès à ce produit aux seuls majeurs, en interdisant également la consommation et l’inhalation aux abords des établissements fréquentés par les mineurs", expose un communiqué. Ainsi, interdiction d'en utiliser à moins de 150 mètres des équipements sportifs ou des complexes de santé.

Fin décembre, des actions de sensibilisation avaient déjà été menées dans des collèges et lycées de l'Eure, alors que les ventes de ces cartouches ont été multipliées par cinq dans les grandes surfaces alentours.

Une expansion du phénomène qui a justement poussé la collectivité sottevillaise à agir : "La banalisation et l’usage intensif nous obligent à prendre des mesures concernant non seulement la salubrité publique mais également la santé", précise le communiqué.

"Mieux vaut prévenir que guérir"

Luce Pane, maire de Sotteville-lès-Rouen, se rappelle avoir découvert le phénomène il y a "quelques mois". "Nos services d'espace public nettoient la commune tous les jours, et ont recensé plusieurs centaines de ces cartouches vides à l'échelle de la commune," témoigne-t-elle à France Bleu Normandie. 

Elle a d'ailleurs remarqué que ça explosait "à l'occasion de soirées festives, ou pendant les vacances". Pour elle, le détournement de ce gaz "à des fins récréatives est évident", et même si aucun cas sérieux ou urgent n'a été remarqué à l'échelle de Sotteville, l'élue locale le confirme : "Mieux vaut prévenir que guérir."

Bientôt dans la loi française ?

Cette interdiction pour les mineurs a par ailleurs été votée en décembre dernier dans les rangs des sénateurs. Elle doit maintenant être examinée par les députés. Le texte avait été déposée par une centaine d'entre eux, notamment originaires des Hauts-de-France, région particulièrement touchée, pour interdire la vente des cartouches aux mineurs et éviter l'usage récréatif de ce gaz hilarant.

À noter que le Danemark a décidé le mois dernier, le mardi 21 janvier, d'interdire aux mineurs la vente de ces cartouches métalliques de "proto". C'est le premier pays de l'Union européenne à prendre une telle mesure, elle sera effective le 15 mai prochain.

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