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Société

Le ras-le-bol des fonctionnaires de la santé publique

lundi 6 mars 2017 à 21:07 Par Marc Vantorhoudt, France Bleu Saint-Étienne Loire

Ils seront au moins 8 000 à Paris pour manifester contre la gestion des centres médicaux publics, 5 mois après la dernière mobilisation de novembre. Les professionnels paramédicaux (infirmiers, aides soignants...) protestent dans toute la France ce mardi 7 mars contre leurs conditions de travail.

Le CHU de Saint-Etienne est au centre de la réforme des Groupements Hospitaliers de Territoire, aux quels s'opposent notamment les infirmiers.
Le CHU de Saint-Etienne est au centre de la réforme des Groupements Hospitaliers de Territoire, aux quels s'opposent notamment les infirmiers. © Radio France - Marc van Torhoudt

Saint-Étienne, France

Après trente ans passés au service des patients de l'Hôpital Nord de Saint-Etienne, Véronique est dépitée : "Certains jeunes infirmiers expriment du dégoût pour la profession. Ils ne pensaient pas que ce serait comme ça. Beaucoup quittent la profession." Pour elle, les conditions de travail se sont largement dégradées depuis ses débuts, et beaucoup plus rapidement ces dernières années.

Certains expriment un dégoût de la profession.

Au premier plan : les salaires, à peine revalorisés depuis quinze ans, les heures de travail, les collègues non remplacés qui obligent à travailler plus longtemps par jour, mais aussi la charge de travail individuel, qui contraint à des cadences bien trop élevées pour vraiment "soigner". "On ne fait plus attention à nos patients", déplore une infirmière radiologue qui souhaite rester anonyme. En plus des soins d'autres charges sont imposées aux soignants : "Nous devons faire des statistiques, compter le nombre de pansements que l'on fait... Cela nous est inutile et cela prend du temps, du temps que l'on ne consacre pas aux patients", regrette Véronique.

"Le pire, c'est que cela influe sur les équipes. Il y a plus d'individualisme. Nous ne travaillons plus ensemble, l'ambiance des équipes en est largement affectée", conclut-elle.

Reportage au CHU de Saint-Etienne.

Nous ne travaillons plus ensemble, l'ambiance des équipes se dégrade.

"Evidemment, les postes sont moins stables, explique Bernadette Tavernier, secrétaire départementale du syndicat Force Ouvrière en Haute-Loire. Les affinités n'ont pas le temps de se faire dans les équipes." En cause également : la fatigue, l'usure des employés à cause de la charge de travail. "Elle a doublé depuis que j'ai commencé il y a trente-cinq ans, poursuit Bernadette Tavernier. A cause de la baisse des effectifs, mais aussi des tâches inutiles que l'on nous fait faire ! Il n'y a pas que les statistiques, mais lorsque vous diminuez le nombre de femmes de ménage par exemple, c'est à nous et aux aides-soignantes de compléter un travail moins bien fait !"

Un mouvement de réduction des moyens loin d'être terminé : la réforme de la santé, promulguée l'an dernier, prévoit 16 000 lits et 22 000 postes en moins d'ici 2022. "Et ça commence déjà : en Haute-Loire, on perd déjà 100 lits cette année !"

La charge de travail a doublé ces dernières années.

L'autre axe de protestation, c'est la mise en place des GHT, les Groupes Hospitaliers de Territoires. En mutualisant les moyens, l'Etat prévoit de faire des économies. "Le problème, c'est que d'une part cela ferme des centres de soin, et donc que ça éloigne beaucoup de monde des lieux de soins. Tout le monde n'a pas un CHU à côté de chez soi, indique Bernadette Tavernier. Et cela induit la fin de l'activité autour des hôpitaux dans tous ces lieux." Seconde mesure : la polarisation des centres de soins : certains sont maintenant consacrés exclusivement à la cardiologie, d'autres spécialisés dans la neurologie... "Le problème, c'est qu'ils peuvent être très éloignés des lieux d'origine des malades. Quelqu'un de Brioude, qui se faisait soigner à Clermont, peut maintenant devoir aller jusqu'à Saint-Etienne pour être pris en charge...", conclut la syndicaliste.

Bernadette Tavernier, secrétaire départementale Force Ouvrière en Haute-Loire.

Il y aura une cinquantaine d'infirmières altiligériennes dans le cortège de Paris. "Cela peut sembler peu, mais avec les mesures de service minimum mises en places, et les effectifs à flux tendues, il a fallu prendre des RTT ou des vacances pour celles qui viennent", indique Bernadette Tavernier.

Pratique : Saint-Etienne, manifestation partant de la Bourse du Travail à 10H30. Cortège en direction de la Préfecture.

Roanne : Rendez-vous à 11H00 devant les locaux de l'Assurance Maladie, manifestation jusqu'à la mairie.

Le Puy : Rassemblement à 11H00 en haut de la place du Breuil.