Société

Le ras-le-bol des petits patrons et des artisans berrichons

Par Gaëlle Fontenit, France Bleu Berry lundi 9 mars 2015 à 5:00

Des charges trop lourdes, une administration trop pesantes, des démarches toujours plus complexes... Les artisans, commerçants, petits patrons et indépendants manifesteront ce lundi autour d'un mot d'ordre "Sauvons nos entreprises". Ils dénoncent notamment le fonctionnement du Régime social des Indépendants auprès duquel ils cotisent.

Le constat de la CGPME , la Confédération générale des Petites et Moyennes entreprises est alarmant : des artisans acculés par les charges et les rappels de cotisations, des chefs d'entreprise qui renoncent à leur activité, des commerçants qui préfèrent ne plus embaucher. 

A Issoudun, dans sa boulangerie, Jean Luc, 57 ans, fait ses comptes : "sur 1000 euros que je gagne, je verse 500 euros à l'Etat . Ajoutez à cela mes factures, le loyer, les charges, les crédits. Avec ma femme, on ne se paie plus ... ". Il fera partie des manifestants ce lundi devant le Sénat.

Son voisin, boucher, manifestera aussi. Il n'est guère plus optimiste : "Ma comptable voulait que je ne me verse pas de salaire. Mais moi aussi j'ai des charges personnelles... Alors je m'en verse un quand même, mais un tout petit ". A peine 4 mois qu'il a ouvert son commerce et déjà il se pose des questions : "On a peut être fait une bêtise...

Tous mettent en cause le RSI, le Régime Social des Indépendants . Il faut dire que le système est complexe : les cotisations versées en 2015 par exemple sont calculées sur les revenus de 2013. Avec les charges et les taxes, les indépendants versent en moyenne 50% des revenus de leur entreprise à l'Etat. Ils dénoncent donc la lourdeur des charges.

Autre difficulté pointée du doigt par les artisans et les chefs d'entreprises, les dysfonctionnements du système. Depuis 2008, le RSI se charge de recouvrir des cotisations jusqu'alors prélevées par l'URSSAF. Or, les systèmes informatiques n'auraient pas toujours pris en compte des versements préalablement effectués auprès de l'URSSAF : certains indépendants se voient réclamer des sommes déjà versées. Il existe bien sûr des recours mais ils sont longs et peinent à aboutir. " Certains mettent la clé sous la porte. D'autres ont hypothéqué leur maison , explique Philippe Couret de la CGPME de l'Indre. On a beaucoup de cas de burn out. Il arrive même que certains se suicident...

Pour tenter de résoudre le problème, la CGPME propose notamment la nomination d'un médiateur extérieur. 

 

RSI témoignage Jean Luc