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Le ras-le-bol des policiers s'exprime aussi à Toulouse

Par Vanessa Marguet et France Bleu Toulouse, France Bleu Toulouse jeudi 20 octobre 2016 à 9:11

Une centaine de policiers mercredi soir au monument aux morts de Toulouse
Une centaine de policiers mercredi soir au monument aux morts de Toulouse © Maxppp - Maxppp

Une nouvelle mobilisation spontanée de policiers mercredi soir à Toulouse. Le mouvement prend de l'ampleur dans toute la France et la réponse du ministre de l'Intérieur ne semble pas atténuer le malaise.

Les policiers ont à nouveau exprimé leur colère mercredi soir à Paris, à Nice, à Clermont... et à Toulouse où une centaine d'agents a manifesté devant le monument aux morts.

Encore une mobilisation spontanée, sans mot d'ordre syndical : tout est parti de textos en interne. Ces manifestants n'ont pas été convaincus par la réponse apportée par le ministre de l'Intérieur et le ministre de la Justice qui ont reçu les syndicats de policiers mercredi soir. Bernard Cazeneuve a promis des concertations par département dès lundi prochain et un plan de sécurité plus adapté en novembre.

Un gros malaise

Mais sur le terrain, il y a une rupture entre la base, la hiérarchie et les syndicats de police. Les fonctionnaires qui manifestent la nuit demandent plus de moyens, plus d'effectifs et plus de considération. Ils dénoncent aussi une justice "trop laxiste" avec ceux qu'ils arrêtent. Ils ont l'impression qu'il y a une forme d'impunité et ils n'ont pas digéré le mot "sauvageons" utilisé par le ministre de l'Intérieur pour qualifier les agresseurs de policiers à Viry-Châtillon le 8 octobre dernier, cette attaque aux cocktails Molotov suite à laquelle un agent de 28 ans est toujours à l'hôpital, grièvement brûlé.

Il y a un vrai malaise et les policiers qui manifestent affirment qu'ils ne sont instrumentalisés par personne. Référence à la petite phrase de Jean-Christophe Cambadélis le patron du PS, qui parle de la "patte du FN" derrière ces rassemblements. L'un des agents toulousains présents mercredi soir au monument aux morts le disait clairement :

"J'ai été profondément meurtri d'entendre qu'on était rattachés au FN. Je crois qu'aujourd'hui on représente le drapeau bleu blanc rouge".

"On est obligé aujourd'hui de tourne le dos aux délinquants, de se cacher !"

Une manifestation prévue mercredi

Le syndicat Unité SGP FO appelle à une manifestation déclarée cette fois mercredi prochain. A Toulouse, elle aura lieu de l'hôtel de police à la gare Matabiau. Le délégué régional pour l'Occitanie, Didier Martinez, qui était l'invité de France Bleu Toulouse ce jeudi matin parle d'un rassemblement "sans drapeau, ni banderole, sans logos syndicaux... auquel tout le monde peut participer".

Le délégué régional d'Unité SGP FO en Occitanie, Didier Martinez - Radio France
Le délégué régional d'Unité SGP FO en Occitanie, Didier Martinez © Radio France - Vanessa Marguet

Didier Martinez dit comprendre et soutenir ce mouvement de la base :

C'est une réussite, le relais médiatique a eu lieu. Le gouvernement a tendu l'oreille et désormais les concertations démarrent. C'est ce qu'il aurait fallu faire il y a longtemps"

Le représentant syndical rappelle qu'il y a 1 200 blessés chaque mois en moyenne en France dans les rangs de la police et comme les autres syndicats, Alliance et Unsa Police, il voudrait voir les choses enfin bouger.

Didier Martinez, Unité SGP FO Policen, invité de Toulouse Matin

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