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Société

L'association Le Refuge a 15 ans et le premier mariage gay cinq ans

jeudi 17 mai 2018 à 6:35 Par Marie Ciavatti, France Bleu Hérault

En 15 ans, depuis sa création à Montpellier, Le Refuge est venu en aide à plus de 7.000 jeunes LGBT, en rupture avec leur famille. L'association fête son anniversaire, le jour des 5 ans du mariage gay et journée internationale de lutte contre l'homophobie.

© Maxppp -

Montpellier, France

Elle en a fait du chemin depuis sa naissance à Montpellier, début des années 2000! L'association Le Refuge fête ses 15 ans aujourd'hui.  Petite structure à l'époque, elle compte à présent 18 délégations en France, une centaine de places d'hébergement pour les jeunes homosexuels, lesbiennes, bi, trans, isolés, rejetés par leur proches. 

15 ans d'activité, cela veut dire 7.000 personnes accompagnées. 1.300 ont été hébergés et soutenues pendant un an, parfois plus. 

Il faut me reconstruire sans que ma sexualité ne soit un problème. Romain, 26 ans

"Romain" (son prénom a été modifié) fait partie de ceux là. 26 ans, homosexuel. Il a quitté sa région natale l'an dernier, un peu perdu, rejeté par ses parents. Quand il est arrivé à Montpellier, c'est Le Refuge qui l'a accueilli, recueilli. "Je suis arrivé à Montpellier pour couper court à mon mal-être et changer d'air. Je ne connaissais personne. On m'a parlé du Refuge. J'ai appelé et le soir même j'avais une place à l'hôtel, ça fait un an et deux mois. Le fait de côtoyer des personnes dans ma situation, _ça aide à s'accepter_. C'est un long chemin. Il faut me reconstruire sans que ma sexualité ne soit un problème."

"J'ai appelé. Le soir j'avais une place à l'hôtel"

Toute une équipe qui, au fil du temps, devient une famille

Il ne le dit pas tout à fait comme ça, mais Le Refuge l'a sauvé d'un naufrage. "Je suis arrivé, j'étais dans un _état suicidaire_: le rejet de ma sexualité de la part de mes parents. Mon propre rejet aussi. Je me reproche toujours d'être homosexuel. Le refuge c'est un hébergement, un accompagnement psychologique, avec une psy géniale qui prend nos problèmes à bras le corps. Toute une équipe qui, au fil du temps, devient une famille"

"C'est toute une équipe qui devient une famille"

Dans son métier, Romain prend soin des autres. Il travaille dans la santé. Il a un CDI depuis plus d'un an. Et il y a seulement quelques mois, il n'aurait pas accepté cet interview. Parce que "je n'assumais pas du tout" (mon homosexualité).  Aujourd'hui un peu plus. 

Le président du Refuge, Nicolas Noguier, est l'invité de France Bleu Hérault à 7h50.

Une date symbolique 

Aujourd'hui 17 mai. C'est aussi la date anniversaire du premier mariage gay de France, il y a 5 ans à Montpellier.  

C'est enfin la journée internationale de lutte contre l'homophobie, en souvenir du 17 mai 1990, jour où l’homosexualité est rayée de la liste des maladies mentales de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)   

Presque 30 ans plus tard, le visage de l'homophobie a changé mais elle reste une réalité quotidienne. D'après le rapport publié cette semaine par SOS Homophobie, les actes homophobes ont encore augmenté l'an dernier par rapport à 2016 , de 4.8%. L'association a recueilli 1.650 témoignages d'actes homophobes.  Les forces de l'ordre ont relevé de leur côté 1.026 infractions à caractère homophobe ou transphobe. De l'insulte, aux coups en passant par la discrimination ou le harcèlement.  Dans plus d'un cas sur deux (55%), l'homophobie survient "dans les contextes relatifs à la vie quotidienne": lieux publics, travail, voisinage,école.