Société

Le Refuge a cinq ans à Toulouse et s’installe à Saint-Gaudens

Par Bénédicte Dupont, France Bleu Toulouse vendredi 22 janvier 2016 à 8:53

Serge Perrody annonce la création du relais de Saint-Gaudens.
Serge Perrody annonce la création du relais de Saint-Gaudens. - DR

C'est l'une des rares associations à s'occuper des jeunes majeurs rejetés par leurs proches à cause de leur homosexualité. L'antenne toulousaine du Refuge fête ses cinq ans, et annonce l'ouverture d'un espace-relais à Saint-Gaudens.

Créée en 2003 à Montpellier, le Refuge est une association qui vient en aide aux jeunes homosexuels en errance, que leur famille a mis à la porte en raison de leur orientation sexuelle, des jeunes qui seraient à la rue sans cette main tendue. Une antenne a vu le jour en 2011 à Toulouse, installée à l'Espace des Diversités et de la Laïcité, rue d'Aubuisson (Saint-Aubin).  Elle héberge six jeunes âgés de 18 à 25 ans dans trois appartements-relais dans le quartier Faubourg-Bonnefoy. Un espace Refuge vient d'ouvrir à Saint-Gaudens. Son délégué régional, Serge Perrody, psychologue-clinicien de métier était notre invité ce 22 janvier.

INVITE - Serge Perrody, délégué du Refuge en Midi-Pyrénées

Qui s'occupait des jeunes homosexuels en errance avant vous à Toulouse ?

Serge Perrody : Pas grand monde c'est vrai. Il y a l’association Arc-en-Ciel qui est une fédération d'associations LGBT mais ça n'était pas uen réponse spécifique aux jeunes homosexuels de 18 à 25 ans.

Être rejeté par sa propre famille, c'est d'autant plus difficile ?

Oui ce sont les fondamentaux de la vie qui viennent à manquer, l'amour d'un père et d'une père. Les parents ont toujours en tête une image par rapport au devenir de leurs enfants. Quand cela sort du "disque dur" habituel, ils se retrouvent désemparés, ils ne savent pas comment répondre. Quand il n'y a pas les mots, c'est la violence, l'agressivité, la haine qui répondent. Ces parents, ils sont malheureux au fond d'eux-mêmes. On a l'impression que la lutte contre l'homophobie est partagée par tous, mais dans les faits, on se rend compte que les jeunes et les moins jeunes en souffrent encore.

On a l'impression que la lutte contre l'homophobie est partagée par tous. Dans les faits, c'est faux.

Vous ouvrez un espace Le Refuge à Saint-Gaudens. L'homophobie ne s'arrête pas aux portes des grandes villes...

La situation des jeunes homosexuels à la campagne est très douloureuse, ils manquent de lieux de parole. Se dire homo dans le rural est plus repérable et compliqué. Nous avons désormais un local à notre disposition à Saint-Gaudens.

TEMOIGNAGE - Marie-Claude Farcy, maman et bénévole

Comment aidez-vous les mineurs ?

Ils appellent sur la ligne d'urgence nationale 24 heures sur 24, le 06.31.59.69.50. On ne peut pas les héberger dans nos appartements-témoins mais on peut les acceuillir dans nos espaces de jour, à Saint-Aubin.

Dépénalisation de l'homosexualité en 1982, le Pacs en 1999, le mariage gay en 2013. Les textes sont là, les mentalités, elles, avancent-elles ?

C'est lent. Chaque jour, il y a des agressions homophobes et transphobes. Intellectuellement, les choses avancent mais on est loin du compte.

Témoignage - "Mon fils a mis un temps fou à nous annoncer son homosexualité"

Marie-Claude Farcy est connue des électeurs du canton de Launaguet, elle est leur conseillère départementale. Mais elle est aussi une mère de trois enfants. Son fils a 19 ans lorsqu'il lui dévoile son homosexualité. Mais il mettra une année entière à le révéler à son père, de peur d'être rejeté. Marie-Claude Farcy est alors obligée de couvrir son enfant qu'elle voit souffrir.

Le plus compliqué pour mon fils ce fût de l'annoncer à son père, il a mis un an. Il était dans un état de fatigue extrême de devoir lutter pour cacher son homosexualité. Ce soir là, quand il l'a dit à mon mari, on a passé le repas de famille le plus joyeux de notre vie. — Marie-Claude Farcy,  bénévole au Refuge depuis le coming-out de son fils

Le mari de Marie-Claude a accepté sans problème l'homosexualité de son fils, il "s'en doutait", dira t-il. Cette longue et pénible attente a persuadé cette mère de famille de s'engager auprès du Refuge à Toulouse. 

Il existe un numéro d'urgence 24h/24. - Aucun(e)
Il existe un numéro d'urgence 24h/24. - Le Refuge

Pour les mineurs en détresse, il existe une ligne d'urgence valable 24h sur 24 : le 06.31.59.69.50.

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