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Société

Le rôle essentiel des maraudes à Tours en période hivernale

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Par , France Bleu Touraine

Trois fois par semaine, l'association "Entraide et solidarité" distribue des repas chauds aux personnes les plus démunies, près de la gare de Tours. Elle tente aussi de recenser tous les sans-abris qui ne savent pas où dormir le soir.

Le camion de l'association "Entraide et solidarité" est posté derrière la gare de Tours chaque lundi, mercredi et vendredi soir, pendant l'hiver.
Le camion de l'association "Entraide et solidarité" est posté derrière la gare de Tours chaque lundi, mercredi et vendredi soir, pendant l'hiver. © Radio France - Adrien Bossard

Tours, France

Une soupe, un sandwich et une banane en dessert. Voilà pour le menu concocté par "Entraide et solidarité", ce mercredi 2 janvier, derrière la gare de Tours. Pour le passage à la nouvelle année, il y a même du saumon. "Je ne sais pas depuis combien de temps je n'en avais pas mangé", sourit un homme. A chaque fois que l'association pose son camion sur la petite place des Aumônes, ils sont entre 50 et 80 à venir se restaurer, dans l'espoir, pourquoi pas, d'avoir un peu de rab pour les prochains jours, s'il y a suffisamment pour tout le monde.  

Franchement, ça fait du bien de manger un petit bout et de parler avec des gens " - Marylène, bientôt 70 ans

Certains sont des habitués. D'autres découvrent cette maraude, à l'image de Marylène, bientôt 70 ans. Elle a été expulsée de son logement fin octobre, avec son fils, juste avant la trêve hivernale. "Franchement, ça fait du bien de manger un petit bout et de parler avec des gens. C'est la première fois que je viens ici et j'aime bien cette chaleur humaine."  

Elle a mis du temps à se décider, elle qui navigue d'hôtels en hôtels avec son fils de 43 ans. "J'ai une petite retraite de 800 euros, mon fils touche le RSA. Alors, ça ne fait pas beaucoup." Si elle conçoit dorénavant qu'il faudra passer par les maraudes pour les repas, hors de question en revanche d'aller dans un hébergement d'urgence, question de fierté. "Non, non, non, dit-elle frénétiquement. J'ai préféré faire un emprunt familial, à hauteur de 3.000 euros pour payer l'hôtel en attendant de retrouver un logement."

Moi, je refuse d'appeler le 115" -  Bob, un sans-abri

L'hôtel, Bob, ne peut pas se l'offrir. Il n'a aucun revenu. Chaque soir, la même question : où va-t-il dormir ? "Où je trouve. Un petit escalier, un squat, ou par terre s'il faut. Le sol, c'est mon lit." Les appels au 115, il connait depuis le temps qu'il est à la rue. Mais ça c'est fini. Il ne veut plus en entendre parler. "Moi aussi je rêverais d'un lit, mais les hébergements d'urgence, vous savez, je connais la musique. Moi, je refuse d'appeler le 115. Entre les bagarres, les vols et tout ça, c'est pas possible." Mais aussi la peur du refus, qu'il n'y ait plus de places. "Je n'ai plus d'énergie pour ça, j'ai 44 ans, je baisse un peu les bras, ça me fatigue tout ça."

Les bénévoles de l'association "Entraide et solidarité" sont donc là pour convaincre les plus réticents d'appeler le 115, histoire de passer ne serait-ce qu'une nuit au chaud. Mais dans le cas de Bob, ça ne sert à rien. Même l'adjointe à la direction départementale de la cohésion sociale, Géraldine Blanchet n'arrivera pas à se faire entendre. "En ce moment, on ne refuse personne. Toutes les familles qui ont appelé ont pu avoir une place. Même pour les personnes seules". Le dispositif comporte cette année plus de 600 places d'hébergements d'urgence, en Indre-et-Loire. En cas de grosse crise, des sans-abri peuvent aussi passer quelques nuits à l'hôtel.