Société

"Le sexisme, les femmes en ont ras-le-bol" Brigitte Grésy, Conseil pour l'égalité professionnelle femmes hommes

Par Martine Bréson, France Bleu Paris Région jeudi 8 septembre 2016 à 9:09

Brigitte Grésy
Brigitte Grésy © Radio France - Martine Bréson

Brigitte Grésy, secrétaire générale du Conseil supérieur pour l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, était l'invitée de France Bleu à 8h10 à l'occasion du lancement d'une campagne pour lutter contre le sexisme dans l'entreprise.

Le sexisme dans l'entreprise : pour en parler, France Bleu a invité Brigitte Grésy, secrétaire générale du Conseil supérieur pour l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes. Une campagne intitulée "Sexisme, pas notre genre" commence ce jeudi. Brigitte Grésy estime que le sexisme se dévoile de plus en plus et que les femmes en ont assez. Elle pense qu'il faut une campagne de communication très forte pour pouvoir changer les choses. Ce n'est pas facile de dénoncer le sexisme dans son entreprise et il faut faire la différence entre la blague, la séduction, un jeu qui se joue à deux et quelque chose qui vise à inférioriser et déstabiliser la femme, précise Brigitte Grésy. Elle affirme que tout se joue dès l'enfance et qu'il faut agir sur la "culture de l'égalité".

Regardez l'interview de Brigitte Grésy à la fin de cet article

A retenir

"Aujourd'hui le sexisme se dévoile parce qu'il a  fait l'objet d'un déni pendant très longtemps donc il était caché, masqué et le fait que de plus en plus les femmes expriment cet espèce de ras-le-bol face au sexisme, eh bien il apparait, il est dévoilé et il apparait effectivement comme étant très très développé".

"Je crois que pour changer quelque chose qui est inscrit dans les mentalités depuis longtemps... il faut deux choses : il faut des campagnes de communication très fortes comme celle d'aujourd'hui parce qu'il faut sensibiliser et il faut surtout mobiliser les acteurs et les mettre à travailler ensemble ce qui est fait et puis, d'autre part, il faut effectivement un arsenal plus contraignant".

"Dénoncer le sexisme, la blague salace, le faux compliment, les incivilités, ça a un coût qui est très fort parce qu'il faut garder son travail et on ne veut pas apparaitre comme étant celle qui n'a pas d'humour, celle qui est caractérielle... mais justement arriver à le dévoiler c'est créer des réflexes de solidarité, mettre au niveau collectif quelque chose qui est souvent vécu comme une atteinte individuelle."

"Le sexisme couvre un champ assez vaste d'attitudes ... la grande différence c'est lorsque ce qui est énoncé, l'attitude, le comportement etc c'est un jeu à deux à égalité. C'est à dire la séduction c'est un jeu à deux, la blague ça peut être aussi un jeu à deux et on répond. Il faut faire la différence avec quelque chose qui est imposé de façon unilatérale, c'est à dire un comportement non désiré. Le sexisme ordinaire ce sont toutes ces petites attitudes, comportements, propos, qui l'air de rien, de façon sournoise, insidieuse, visent à déstabiliser, inférioriser, délégitimer les femmes dans le monde du travail."

Le sexisme existe parce que "la mixité n'a pas été pensée dans le monde du travail".

"Tout se joue dès l'enfance... aux garçons, on apprend beaucoup plus l'autonomie, le sens du risque, les aptitudes spatiales et mathématiques, aux filles beaucoup plus une forme de conformisme, la douceur, la séduction... encore maintenant, totalement. Tous les enfants, qu'ils soient garçons ou filles, doivent avoir accès à l'ensemble du champ des possibles."

Regardez l'interview de Brigitte Grésy