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En attendant le déconfinement, le silence "apocalyptique" dans les rues d'Étretat

La station balnéaire a des airs de ville fantôme en cette fin de vacances scolaires. Les hôtels et les restaurants sont vides, la plage et les chemins qui mènent en haut des falaises ont été fermés.

L'accès au front de mer et aux chemins qui permettent de monter en haut des falaises ont été fermés par arrêté préfectoral.
L'accès au front de mer et aux chemins qui permettent de monter en haut des falaises ont été fermés par arrêté préfectoral. © Radio France - Thomas Schonheere

S'il n'y avait pas les mouettes et les goélands, on pourrait entendre les mouches voler. "C'est vrai que ça fait un peu peur", dit Quentin, allongé sur les planches de bois qui sont d'habitude installées en période de grande marée, mais qui désormais barrent l'accès au front de mer. Ce maçon (en pause, il est un peu plus de midi) travaille sur un échafaudage, dans une rue perpendiculaire : "On a repris il y a une semaine et à part les gendarmes et la police, on ne voit pas grand monde."

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"L'amende est de combien ?"

Effectivement, dans les rues d'Étretat, on ne croise presque personne à part quelques habitants et des promeneurs avec des masques. "C'est apocalyptique", souffle la maire, Catherine Millet. Les recettes liées au tourisme représentent un tiers du budget de sa commune."L'année dernière, à la même époque, les médias me sollicitaient pour parler du tourisme de masse, parce que la saison avait commencé sur les chapeaux de roue", se souvient-elle.

Un an plus tard, les boutiques de souvenirs et les restaurants sont fermés, les hôtels sont vides. L'accès au front de mer et aux chemins qui permettent de monter en haut des falaises ont été fermés par arrêté préfectoral. Un Hollandais, en route pour Harfleur, tente le coup : "L'amende est de combien ?"

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Personne sur la plage, cela n'a pas forcément toujours été le cas. "Il y a des gens qui venaient et qui se croyaient en vacances", se souvient Anthony, cuistot dans un des restaurants de la station balnéaire. Lui relativise : il continue de toucher sa paye, il a un jardin dans le centre-bourg et un fauteuil installé pour profiter du soleil. "Les proches sont en bonne santé, on essaye de profiter."

"Beaucoup de stress"

"Ca fait du bien un peu de silence", rigole Kevin, qui aimerait tout de même retourner travailler dans son hôtel-restaurant. N'empêche : tous les deux se posent des questions pour la suite. Quand est-ce que les touristes pourront revenir ? "Quand on rouvrira, il faudra peut-être respecter des distances dans les salles... Et peut-être que tous les clients ne voudront pas tous sortir tout de suite", explique Anthony. 

Des planches de bois avec l'arrêté préfectoral barrent l'accès au front de mer et à la plage.
Des planches de bois avec l'arrêté préfectoral barrent l'accès au front de mer et à la plage. © Radio France - Thomas Schonheere

"On devrait être complet et psychologiquement, ça génère beaucoup de stress : un établissement qui est censé accueillir du public et qui n'en a pas", explique Noël Chambellan, le gérant du Detective Hôtel. Lui aussi aimerait que le gouvernement soit plus précis sur la manière dont le déconfinement va se passer. Au moins donner une date, pour que les réservations puissent reprendre.

ÉCOUTEZ > Reportage dans les rues d'Étretat

"Comment être complet en juillet et en août si on ne nous donne pas un accord dès maintenant ? C'est maintenant que les réservations se font, explique-t-il. Si on nous dit fin juin que l'on peut rouvrir, imaginons, le 14 juillet, je ne vois pas comment on va faire pour avoir des réservations à l'avance. On aura des gens de passage mais on ne dépassera pas les 50% d'occupation." Sans aucune rentrée d'argent depuis le début du confinement, l'hôtelier, qui loue son fonds de commerce, estime qu'il ne pourra jamais rattraper ce qu'il a perdu.

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