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Société DOSSIER : Le pourquoi du comment

Le soutien-gorge : une invention bourguignonne

jeudi 8 mars 2018 à 4:06 Par Delphine Martin, France Bleu Auxerre

Le 8 mars, c'est la journée internationale des femmes. L’occasion de parler d’un objet qui leur est associé : le soutien-gorge. Inventé à la fin du XIXe siècle par une corsetière née à Saint-Fargeau, il a traversé l’histoire des femmes.

Le soutien-gorge a été inventé par une corsetière née à Saint-Fargeau
Le soutien-gorge a été inventé par une corsetière née à Saint-Fargeau © Maxppp - François Destoc

Qui a inventé le soutien-gorge ?

Le soutien-gorge a été inventé par Herminie Cadolle, une corsetière née en 1845 à Saint-Fargeau, dans l’Yonne. Cette féministe, révolutionnaire et voyageuse a eu l’idée de couper le corset en deux : une partie haute pour soutenir la poitrine, avec des bretelles, et une partie basse pour gainer les hanches. Elle dépose en 1898 le brevet de ce qui s'appelle alors le "corselet gorge" ou le "maintien gorge". "A ce moment-là, elle vit en Argentine mais elle présente son invention à Paris et l’objet devient de plus en plus populaire", explique Albine Novarino-Pothier dans Femmes d'exception en Bourgogne, publié aux Editions Le Papillon Rouge.

Femmes d'exception en Bourgogne - un livre d'Albine Novarino-Pothier aux éditions Le Papillon Rouge - Aucun(e)
Femmes d'exception en Bourgogne - un livre d'Albine Novarino-Pothier aux éditions Le Papillon Rouge -

A cette époque-là, les femmes étaient compressées, parfois dés le plus jeune âge, dans des corsets très serrés. L'invention de l'icaunaise Herminie Cadolle a donc libéré la femme dans tous les sens du terme, comme l'explique Catherine Ormen, historienne de la mode :  "Avec le soutien-gorge, la taille se libère réellement. On va pouvoir faire des mouvements de torsion du buste, jouer au golf ou au tennis plus facilement. Cela s'accompagne d'une transformation du vêtement qui, petit à petit, s'éloigne du corps."

Mais ensuite, pourquoi les féministes brûlent-elles leur soutien-gorge ?

A la fin des années 60, les femmes travaillent, deviennent indépendantes, prennent la pilule : c'est la libération sexuelle. Le soutien-gorge devient le symbole d'une société misogyne qui ne les respecte pas assez. Les féministes le jettent dans des «poubelles de la liberté ».

Mais paradoxalement, les femmes n'ont jamais vraiment arrêté d’en porter. Simplement, dans la France d'après mai 68, les goûts ont changé. Les femmes veulent des modèles plus légers, plus techniques, qui relèvent la poitrine et donnent une image de jeunesse. Et les marques de lingerie s'adaptent.

"Ce geste de bruler le soutien-gorge fait penser que toutes les femmes vont s’en dispenser. Mais en réalité, il y a une mutation du système et les marques de lingerie françaises vont s’adapter à la demande, proposer des modèles plus légers. Et en fait les femmes ne vont pas renoncer à porter des soutiens gorges, bien au contraire, puisque entre 1968 et 1975, toutes les marques vont avoir un best-seller", précise Catherine Ormen

Et aujourd'hui, que représente le soutien-gorge ?

En 2018, le soutien-gorge est d'abord et avant tout un vêtement, qui doit être toujours plus confortable, avec de moins en moins d'armatures métalliques. Parfois, quand elles le décident, les femmes en font un objet de séduction, d'érotisme même.

Mais il y a aussi celles qui n’en veulent plus, qui disent que le soutien-gorge peut provoquer des réactions cutanées, des bleus. Il pourrait même entrainer des maux de dos. C’est vrai quand le soutien-gorge est trop serré, mal adapté.

Certains médecins vont plus loin. Notamment le Docteur Rouillon du CHU de Besançon, qui a enquêté pendant 15 ans. Il affirme que les femmes qui ne portent pas de soutien-gorge ont les seins plus fermes en vieillissant et adoptent une meilleure posture.

Le pourquoi du comment : le soutien-gorge - Par Delphine Martin