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Des hébergements d'urgence pour les occupants du squat des Beaux-Arts de Montpellier

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Par , France Bleu Hérault

Le jeudi 11 mars 2021, la Ville de Montpellier a signé un accord pour que toutes les personnes qui occupent le squat des Beaux-Arts soient relogées. Ce lundi 22 mars, plus de 80 personnes ont rejoint un hébergement d'urgence. Six sont encore en attente.

Les occupants du squat des Beaux-Arts doivent avoir quitté les lieux d'ici le 31 mars 2021
Les occupants du squat des Beaux-Arts doivent avoir quitté les lieux d'ici le 31 mars 2021 © Radio France - Clara GUICHON

L'emblématique squat du quartier des Beaux-Arts de Montpellier touche à sa fin. Le jeudi 11 mars 2021, la Ville de Montpellier a signé un accord avec plusieurs institutions et associations (le centre communal d’action sociale, la préfecture, la direction départementale de la cohésion cociale, l'association Luttopia, la fondation Abbé Pierre et le Secours Catholique-Caritas France).

Un accord historique

Que contient cet accord?

Depuis quatre ans, l'ancien bâtiment des Archives de Montpellier est occupé de façon illégale. Le squat Utopia 003, géré par l'association Luttopia, a vu passer des milliers de personnes : des personnes seules, des familles, des Français, des étrangers, des personnes en situation régulière, des sans-papiers... Plusieurs fois, ces squatteurs auraient dû être expulsés. C'est donc un accord historique qui a été trouvé.

Sur le papier, le bâtiment doit être vidé le 31 mars 2021. En contrepartie, la Ville s'engage à reloger tous les occupants dans des logements pérennes. Le dispositif concerne 88 personnes selon l'association Luttopia, 81 selon la Ville (15 familles avec 23 enfants et 31 personnes isolées).

Trouver des solutions d'hébergement d'urgence

Lundi, il ne restait plus que six personnes dans ce lieu emblématique, décoré de tags multicolores. Anthony a 38 ans, il travaille au Secours Populaire. Il est l'un des premiers occupants du squat et il sera l'un des derniers. "J'ai su aujourd'hui qu'ils m'avaient peut-être trouvé quelque chose à Sète, raconte-t-il, en caressant sa chatte Juju. J'attends encore un coup de téléphone." Anthony reste vigilant. Il a trouvé une autre solution, au cas où tout ne se passerait pas comme prévu.

Le reste des occupants du squat a rejoint des de trouver un hébergement. Alors j'ai un plan B : un bout de terrain avec une caravane." - Anthony

Le reste des occupants du squat ont rejoint des hébergements d'urgence. "Ceux qui sont en situation régulière sont principalement dans des appartements-relais, des logements dédiés aux personnes isolées et désocialisées, explique Gwendal Lasne, présidente de l'association Luttopia. Les personnes en situation irrégulière sont dans des chambres d'hôtel jusqu'à ce que leur dossier soit étudié."

"Il ne faudrait pas que ça ne soit que des effets d'annonce. Si, dans quelques mois, ces personnes retournent à la rue, personne n'aura respecté sa part de l'accord." - Gwendal Lasne, présidente de l'association Luttopia

"Effectivement, ce n'est pas ce qui était prévu, nuance-t-elle. La Ville a promis de trouver des logements pérennes." Le département de l'Hérault compte 65.000 logements sociaux et 45.000 demandes sont en attente, selon la fondation Abbé Pierre. Les squatteurs des Beaux-Arts ne seront bien sûr pas prioritaires : ils rejoindront cette liste.

"La question c'est : Combien de temps l'Etat va-t-il payer des nuits d'hôtel?" - Gwendal Lasne, présidente de l'association Luttopia

"On sait très bien que ça va être compliqué, on le dit depuis le départ", signale Gwendal Lasne. La référente sociale du squat est particulièrement inquiète de l'avenir des personnes en situation irrégulière. "Tous ne trouveront pas un logement social, admet-elle. Mais l'important, c'est qu'on leur laisse du temps : le temps de se retourner, de trouver un travail et de voir leur dossier accepté. On a déjà eu de bonnes surprises. Certains ont été régularisés depuis le début des discussions avec la Ville." Une majorité des plus des 80 squatteurs est aujourd'hui en situation régulière. 

"En septembre dernier, on pensait qu'on allait être expulsé. Le mois suivant, il y a eu un revirement total." - Gwendal Lasne

Le chemin aura été long jusqu'à la signature de cet accord. Les discussions entre la Ville et les associations ont débuté en septembre 2020. À l'époque, l'association Luttopia a cru que les 150 occupants seraient expulsés. "On a eu chaud aux fesses, s'exclame Gwendal Lasne. La réunion d'octobre a été complètement différente." Entretemps, une bonne partie des squatteurs, voyant que les discussions étaient mal parties, a décidé de partir. "C'est ce qui explique que seuls quelque 80 personnes font partie du dispositif", indique-t-elle.

Dernier point : l'accord ouvre de nouveaux horizons à Luttopia. La Ville de Montpellier s'engage à soutenir l'association dans ses futurs projets. Elle va mettre à disposition trois bâtiments qui appartiennent à la Ville et à la Métropole. "Ce sont trois maisons situées du côté du Parc Montcalm", précise Gwendal Lasne. 

L'association pourra accueillir d'autres personnes en errance, de façon parfaitement légale : on appellera cet endroit Utopia 004. "C'est comme ça qu'on luttera contre le sans-abrisme, espère Gwendal Lasne : en utilisant des bâtiments vacants, de façon temporaire et avec l'accord des propriétaires."

Ce lundi 22 mars 2021, il ne restait plus que 6 personnes sans solution d'hébergement

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