Société

VIDEO - Le sulfureux "Mannequin Challenge" des détenus de Villepinte

Par Martine Bréson et Sylvie Charbonnier, France Bleu Paris Région et France Bleu mardi 29 novembre 2016 à 17:29

Copie d'écran du Mannequin Challenge des détenus de Villepinte
Copie d'écran du Mannequin Challenge des détenus de Villepinte -

"Actu pénitentiaire", un compte Facebook certainement tenu par un prisonnier, a publié lundi la vidéo "Mannequin Challenge" de détenus de la maison d'arrêt de Villepinte en Seine-Saint-Denis. On peut y voir les détenus avec des liasses de billets et des barrettes de cannabis.

Des détenus dans la maison d'arrêt de Villepinte en Seine-Saint-Denis ont publié sur le Facebook Actu pénitentiaire un "Mannequin Challenge". Ce type de vidéo, un cheminement au milieu de personnages figés, est très en vogue actuellement. Les détenus ont été filmés dans une cour de promenade.

On y voit des jeunes hommes avec des liasses de billets, des barrettes de cannabis , se prendre en vidéo ou faire des selfies avec leurs téléphones portables. Cela fait déjà plusieurs mois que les surveillants du Syndicat pénitentiaire des surveillants, alertent les autorités sur ce type de vidéos, mises en ligne sur des pages Facebook de détenus.

Cela veut dire qu'on fait ce qu'on veut en prison : Philippe Kuhn, délégué régional du SPS

Déjà au mois de mai, d'après le délégué régional du SPS, Philippe Kuhn, des plans de cannabis avaient été découverts à l'intérieur d'une cellule. Le ministère de l'Intérieur avait été prévenu, sans autre résultat concret, pour le moment. Et depuis, c'est devenu, une sorte de jeu du chat et la souris, au sein de la maison d'arrêt.

La direction a réagi dès la publication de la video

Une fouille a été effectuée mardi. Résultat: six téléphones portables confisqués et six détenus qui vont passer en commission disciplinaire. Ils risquent jusqu'à 14 jours en quartier disciplinaire, mais aussi des sanctions pénales, puisque le parquet de Bobigny a été informé des faits.

Dans cette vidéo "vous avez tous les clichés de ce qui peut se passer à l'extérieur en toute impunité", indique Philippe Kuhn. "C'est navrant pour le travail qui est fait par mes collègues au quotidien dans cette maison d'arrêt. L'air de dire, on le fait et on vous enquiquine quoi, on en a rien à foutre de vous quoi".

Les surveillants se disent à bout de nerfs, ils craquent, tombent malades, n'en peuvent plus. Ils se plaignent de ne pas être entendus. Ils estiment qu'il n'y a pas assez de personnel et ils dénoncent un taux d'occupation de 192%.

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