Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Le Tour de France de SOS Racisme contre le repli identitaire passe par Bordeaux

-
Par , France Bleu Gironde

Une délégation de jeunes d'origine juive et arabe ont entrepris pendant un mois un Tour de France pour exprimer leur volonté de lutter ensemble contre le racisme et l'antisémitisme. La première étape se déroule lundi et mardi à Bordeaux et Libourne.

La délégation du Tour de france SOS Racisme dans les locaux de Boulevard des Potes, à Bordeaux
La délégation du Tour de france SOS Racisme dans les locaux de Boulevard des Potes, à Bordeaux © Radio France - Pierre-Marie Gros

Bordeaux, France

Alors qu'on commémore le troisième anniversaire des attentats du 13 novembre, qui avaient fait 130 morts et 350 blessés à Paris et à Saint-Denis, et alors que le nombre d'actes antisémites a augmenté de 69% en France depuis le début de l'année, SOS Racisme lance un Tour de France des jeunesses antiracistes. La première étape de ce Tour de France d'un mois, baptisé "Salam , Shalom, Salut "et lancé la semaine dernière à Paris , se déroule ce lundi et mardi en Gironde.Une rencontre-débat est organisé ce lundi soir  dans les locaux de boulevard des Potes, quartier St Michel, puis la délégation va ce mardi  au Lycée Max Linder, à Libourne, dialoguer avec les élèves de 4 classes de première et de terminale.  

Cette délégation compte une dizaine de jeunes, d'origine juive et arabe. Et ils entendent bien montrer, contrairement aux idées reçues, que  ces deux communautés peuvent vivre ensemble. "On voit bien que des tensions peuvent exister, explique Dominique Sopo, le président national de SOS Racisme, que l'antisémitisme peut exister dans les populations arabo-musulmanes,  et qu'il peut y avoir du racisme anti-arabe dans les populations juives.  Mais cette opposition soit-disant indépassable est mise en scène et instrumentalisée politiquement. On ne doit pas utiliser ces tensions dans des logiques perverses ou malsaines , mais au contraire, il s'agit de dépasser ces tensions pour se projeter ensemble vers l'avenir".   

"Montrer que c'est notre quotidien de vivre ensemble"

Dan Cohen et Marouane Zaki font partie de cette délégation . Tous les deux ont grandi en  région parisienne , et sont à présent permanents à SOS Racisme. Dan a 26 ans, il est juif, alors que Marouane, 29 ans,  est musulman. Tous les deux ont en commun d'être originaires du Maroc et ils estiment que ce qui les rassemble et plus fort que ce qui les sépare.  "On veut combattre d'abord l'idée que juifs et arabes forment deux communautés fermées, repliées sur elles-même, et qui n'auraient pas d'autre issue que se faire la guerre, souligne Dan. On refuse totalement cela. On est lié par pleins de choses, c'est notre quotidien de vivre ensemble, de travailler ensemble, de faire du sport ensemble. Bref, de vivre ensemble".

Dan et Marouane , deux des porteurs du projet  - Radio France
Dan et Marouane , deux des porteurs du projet © Radio France - Pierre-Marie Gros

On n'est pas toujours d'accord, mais on souhaite aborder de front, avec bienveillance, les problèmes qui peuvent exister. - Dan Cohen, de SOS Racisme 

Des débats préparés avec des historiens et des sociologues 

Ces tensions sont bien souvent exacerbées par le conflit israélo-palestinien, "importé artificiellement chez nous" .  Ce qui a été le déclic , explique Marouane Zaki, ce sont les réactions entendues lors de la manifestation organisée après le meurtre en mars dernier à Paris d'une veille dame juive,  Mireille Knoll, un meurtre présenté alors comme un crime antisémite. "Une maman juive a déclaré lors de cette manifestation ; avant on vivait avec les arabes, maintenant ils nous tue. Et ça m'a fait extrêmement mal, car j'étais venu avec mon pote Dan pour dénoncer un crime horrible. C'est pour cela qu'il faut expliquer les choses, faire preuve de pédagogie, et remettre un peu de complexité dans le débat." Dan et Marouane s'attendent à des débats rudes, parfois passionnés, mais nous répondrons avec bienveillance. Pour mieux démonter les clichés, ils ont préparé leur argumentaire avec des historiens et des sociologues. 

Annabelle Cueff est responsable du pôle éducation populaire à SOS Racisme-Gironde, et elle a contribué au passage de ce Tour de France à Bordeaux, car "il y a grand besoin d'avoir ce type de dialogue." "Ici comme ailleurs, il y a des tensions et des incompréhensions; on va pouvoir parler de ces questions au delà de l'aspect religieux, et parler, entre jeunes français, de nos origines plurielles , de nos appartenances plurielles". 

Les avis sont bien souvent tranchés, avec des certitudes. Ce sont ces certitudes qui font qu'on ne se questionne plus - Annabelle Cueff, de SOS Racisme Gironde 

Combattre le stéréotype principal, qui veut qu'un juif et un arabe ne peuvent pas vivre ensemble" Annabelle Cueff, de SOS Racisme Gironde

Après Bordeaux, neuf autres étapes sont prévues dans ce Tour de France de SOS Racisme- Toulouse, Montpellier, Marseille, Grenoble, Strrasbourg, passy, Sarcelles et Aubervilliers- jusqu'au final le 9 décembre à Paris.  

Choix de la station

France Bleu