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Société

Le Vatican fait pression sur l'Andorre pour empêcher la légalisation de l'avortement

jeudi 8 novembre 2018 à 21:37 Par Sébastien Berriot, France Bleu Roussillon et France Bleu

Si l'avortement est légalisé dans la petite Principauté pyrénéenne, le pape François menace de réclamer l'abdication du co-prince épiscopal d'Andorre, l'évêque de La Seu d'Urgell. Une situation qui remettrait en cause le fondement même des institutions andorranes en place depuis 1268.

Les deux co-princes d'Andorre, le président français et l'évêque d'Urgell
Les deux co-princes d'Andorre, le président français et l'évêque d'Urgell © Radio France - Sébastien Berriot

Alors que depuis quelques semaines, le débat est lancé en Andorre sur une possible légalisation de l'avortement (des manifestations se sont déroulées pour la première fois fin septembre), le Vatican a adressé une sérieuse mise en garde aux autorités andorranes, menaçant de faire exploser les institutions du pays, si l'avortement venait à être autorisé.

Implication directe du pape

C'est le pape François qui est intervenu en personne. Selon la presse andorrane le souverain pontife a téléphoné au chef du gouvernement Antoni Martí pour délivrer un message très clair, sous forme de menace : si l'avortement est légalisé, alors le Vatican ordonnera l'abdication de l'un des deux co-princes d'Andorre, l'évêque de la Seu d'Urgell.

Ce départ du co-prince épiscopal viendrait remettre en cause le fondement même de l'état andorran, le système de co-suzeraineté qui existe depuis 1268.

Dossier ultra-sensible pour le gouvernement andorran

Selon tous les observateurs, jamais le gouvernement ne prendra un tel risque. Dans ces conditions, seule solution pour faire avancer le débat sur l'avortement, l'intervention du deuxième co-prince d'Andorre, un certain Emmanuel Macron. 

Notre opportunité, c'est Emmanuel Macron. Il pourrait intervenir en tant que médiateur entre le gouvernement, la société andorrane et l'évêque. Ca pourrait débloquer de façon diplomatique ce processus (Myriam Almarcha, spécialiste de l'Andorre, université de Perpignan)

Une solution a été imaginée par certains élus : que l'on fasse comme dans les années 90 où seul le co-prince français avait  signé la légalisation du divorce. L'évêque d'Urgell s'était en quelque sorte abstenu. Mais sur l'avortement, pas question de répéter ce scénario a prévenu le pape François. L'évêque de la Seu d'Urgell a confirmé en déclarant que l'avortement était un poison pour la principauté

Les associations féministes andorranes ont encore de longues années de lutte devant elles. Elles peuvent compter sur l'appui de la députée LREM des Pyrénées Orientales Laurence Gayte qui a posé une question écrite, à l'assemblée nationale, au ministre des affaires étrangères pour inciter la France à faire pression sur l'Andorre sur la question de l'avortement. La principauté est l'un des derniers états en Europe à interdire l'avortement de façon absolue.

Reportage de Sébastien Berriot