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Les 91 salariés de la Papeterie de Bègles toujours dans l'attente d'un repreneur pour leur usine

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Par , France Bleu Gironde

La Papeterie de Bègles n'est pas loin d'être centenaire, pourtant elle ne devrait pas aller jusque là. Etex, le propriétaire, cherche mais ne trouve pas de repreneur. Si tel est le cas, 91 salariés seront licenciés. En attendant, ces derniers tentent par tous les moyens de sauver leur usine.

Pour dénoncer le très probable licenciement des 91 salariés, ces derniers ont décidé de créer un cimetière devant la Papeterie de Bègles, avec 91 tombes.
Pour dénoncer le très probable licenciement des 91 salariés, ces derniers ont décidé de créer un cimetière devant la Papeterie de Bègles, avec 91 tombes. - Thierry Cucurou

À Bègles, ce mardi matin, les salariés la Papeterie Siniat-Etex ont recréé un cimetière pour dénoncer la mort annoncée de leur usine, implantée dans le secteur depuis près d'un siècle. Ils ont planté 91 croix comme le nombre de salariés de cette usine qui pourraient se retrouver sur le carreau si aucun repreneur ne se présente d'ici les prochains jours. Le groupe belge Etex, propriétaire de la Papeterie, en cherche un depuis le mois d'octobre dernier. D'après les syndicats, personne ne serait tenté pour reprendre l'affaire.

Parmi les salariés, la moyenne d'âge tourne autour de 48 ans et 22% d'entre eux ont plus de 57 ans cette année, ce qui réduit considérablement les chances pour eux de retrouver un emploi à la sortie. Depuis vendredi dernier, les salariés ont exercé leur droit de retrait car ils estiment être trop préoccupés par l'avenir de leur usine et que la partie "séchage" du papier peut devenir dangereuse quand on n'a pas l'esprit tranquille. C'est aussi et surtout un moyen pour eux de bloquer et se faire entendre.

Des générations travaillent dans cette usine

Jean-Marc Morancho travaille ici depuis 30 ans et à 57 ans,  il "n'imaginait pas terminer à Pole Emploi à cet âge-là", lâche-t-il, amer, en buvant son café dans le local syndical. Ce lieu où les murs gardent des traces de leurs luttes passées : tracts, articles de journaux, etc. Certaines coupures de presse parlent de "primes de 2 500 francs accordées aux salariés". Le mal remonte au-delà de l'ère Etex. "Quand Lafarge a vendu à Etex, en 2011, on était déjà dans le rouge. Il manquait quatre à cinq millions d'euros", relate l'expérimenté ouvrier.

Depuis son arrivée, le groupe Etex n'aurait investi, selon les syndicats, qu'une "dizaine de millions d'euros là où les concurrents ont fait beaucoup plus", se désole Jean-Marc qui évoque "une chronique d'une mort annoncée. On savait qu'on allait dans le mur, mais on ne savait juste pas quand cela serait".

Les actionnaires du groupe Etex se sont partagé 48 millions d'euros de dividendes entre eux l'an dernier - Daniel Castanon, Filpac CGT

Dans la voix de Daniel Castanon, le délégué syndical de la Filpac CGT, l'espoir est à peine perceptible. Désormais, les négociations tournent autour du - bien mal nommé - Plan de sauvegarde que l'entreprise (PSE) va prendre s'il n'y a pas de repreneur. Daniel Castanon veut assurer un joli bon de sortie aux 91 salariés : "On négocie les miettes. On veut un congé de reclassement, c'est-à-dire un délai pour accompagner les salariés qui veulent retrouver un emploi, et une enveloppe pour un dédommagement." Il s'insurge que le groupe belge Etex ait, d'après lui, "partagé 48 millions de dividendes entre tous les actionnaires".

L'entreprise doit annoncer, ce jeudi 14 janvier, s'il y a un repreneur ou non. Selon une source interne, il n'y en aurait pas et la seule opportunité dans les tuyaux serait une ré-industrialisation du site. Toutefois, l'usine ne rouvrirait que dans trois ans et les salariés seraient priés, en attendant, d'aller voir ailleurs.

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