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Société

Les alcooliques anonymes en congrès national à Toulouse

vendredi 17 novembre 2017 à 8:58 Par Bénédicte Dupont, France Bleu Occitanie et France Bleu

Le centre Diagora de Labège, au sud de Toulouse, accueille ce weekend le Congrès national des Alcooliques anonymes. Tous luttent contre une maladie dont, disent-ils, on ne guérit jamais. Témoignage.

Il existe une dizaine de groupes des Alcooliques Anonymes autour de Toulouse.
Il existe une dizaine de groupes des Alcooliques Anonymes autour de Toulouse. © Radio France - Wassila Guitoune

Labège, France

Six mille membres en France, plus de 500 groupes. Les Alcooliques Anonymes se réunissent chaque semaine à Toulouse, Muret, Gaillac, Montauban, Pamiers ou encore l'Isle-Jourdain. On estime qu'en France, 10% de la population adulte a un problème avec l'alcool. Christophe, abstinent depuis 20 ans, ne rate presque jamais une réunion dans son groupe de l'Union. Il s'est occupé de l'organisation du congrès à Labège. Invité de France Bleu ce vendredi, il répond aux questions de Bénédicte Dupont.

L'INVITÉ EN UN CLIC - Christophe, abstinent depuis 20 ans (5'51'')

L'anonymat fait toujours partie des prérequis de votre association. Pourquoi ?

On veut que tout le monde reste à la même hauteur. Il n'y a pas de hiérarchie. On est tous là pour se rétablir. Les profils sont très variés dans l'association, mais en définitif je ne le sais pas. Je ne sais pas ce que fait le voisin dans la vie, et je n'ai pas à le savoir.

Être alcoolique ça veut dire quoi, à partir de quand est-on est alcoolique ? Les autorités de santé disent deux verres par jour pour les femmes et trois verres par jour pour les hommes...

Ce sont des statistiques. Ça ne veut rien dire. Pour moi, je suis devenu alcoolique lorsque je n'ai plus pu gérer ma consommation d'alcool. Tant que c'était festif ça allait, mais quand je ne me rendais même plus compte que je buvais, quand je ne pouvais plus m'en passer une journée, c'est là que je suis devenu alcoolique.

Je suis devenu alcoolique quand je ne réalisais même plus que je buvais de l'alcool."

En France, il y a une forme de culture de l'ivresse, festive, amusante. C'est difficile dans ces conditions de s'avouer alcoolique ?

Moi je buvais seul chez moi, ça ne se voyait pas. En société, j'étais respecté, de par mon métier, je buvais peu. Chez moi, c'était la déchéance.

Le numéro des Alcooliques Anonymes - Aucun(e)
Le numéro des Alcooliques Anonymes

L'alcoolisme, une maladie dont on ne guérit jamais, entend-on souvent. Vous êtes d'accord ?

Oui, j'ai fait assez de rechutes pour savoir qu'on ne s'en sort pas comme ça. C'est abstinence zéro ou je ne m'en sors pas. Cela fait 20 ans que je n'ai plus touché un verre.

Il y a une autre "école", plus récente, qui prône la consommation contrôlée, plus "acceptable", moins contraignante. Qu'en pensez-vous ?

Moi je ne sais pas gérer mon alcool, la preuve, chaque fois que j'ai voulu gérer, j'ai rechuté. L'alcool fait son chemin, je fais le mien.

Comment peut-on se sevrer ? Comment avez-vous réussi ?

J'ai suivi le programme des Alcooliques Anonymes, un programme spirituel qui n'a rien à voir avec la religion. Nous partageons nos expériences, les témoignages des uns et des autres apportent ce dont on a besoin pour franchir telle ou telle étape.

Seule une démarche personnelle peut être efficace. Ça ne fonctionne pas si un proche nous appelle et force la personne alcoolique à venir chez nous."

Et la médicamentation, il faut forcément passer par là pour s'en sortir ? Changer de fréquentations aussi ?

Les médicaments, pas forcément. Certains viennent à leur première réunion et de là parviennent à être abstinent durablement, sans médicament. Et pour les fréquentations, de toute manière on change forcément de milieu quand on arrête de boire. Ceux qui nous connaissaient festifs ne nous reconnaissent plus, donc ils ne nous appellent plus, ne nous invitent plus. Notre entourage change forcément quand on arrête de boire.

Vous dîtes sur votre page Internet que ça n'est pas la peine de vous contacter si vous êtes un proche, seule une démarche personnelle est susceptible d’aboutir durablement. Quels conseils donner à ceux qui voient l'un de leur proche sombrer dans l'alcoolisme ?

Il est très important de faire sa démarche pour soi-même, et pas parce que la famille a obligé. Ça ne marchera pas. Pour les proches, c'est dur mais il faut apprendre à devenir indépendant de votre alcoolique, c'est-à-dire se détacher. Nous avons des groupes parallèles, les Al-Anon, vers qui l'entourage des alcooliques peut se tourner.

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