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Société

Les anciens locaux de Sciences Po Lille deviennent un centre d'hébergement d'urgence pour jeunes réfugiés

lundi 8 janvier 2018 à 6:01 Par Cécile Bidault, France Bleu Nord

Le département du Nord a ouvert en urgence trois foyers d'accueil pour les mineurs étrangers, le temps de la période hivernale. A Dunkerque, Morbecque et Lille, 150 places d'hébergement sont disponibles, car les foyers pour mineurs sont saturés. Nous nous sommes rendus à Lille.

Les anciennes salles de l'école deviennent des dortoirs temporaires
Les anciennes salles de l'école deviennent des dortoirs temporaires © Radio France - Cécile Bidault

Lille, France

En cette période hivernale, le département du Nord a ouvert, juste avant Noël, trois centres d'hébergement d'urgence pour des mineurs étrangers, ceux qu'on appelle les Mineurs non accompagnés (MNA). Ces jeunes sont habituellement pris en charge dans des foyers pour mineurs du conseil départemental, car ils ont moins de 18 ans, mais leur nombre ne cesse d'augmenter. Selon le département, il y une centaine d'arrivées tous les mois.

Foyers saturés, solution d'urgence

Le Nord, selon la répartition nationale, doit accueillir 690 mineurs étrangers, mais le conseil départemental affirme que les foyers sont saturés. Pour la période hivernale, jusqu'au 15 mars, 150 places ont donc été créées en urgence, pour que ces jeunes ne dorment pas dans la rue : une cinquantaine dans le gymnase du collège Van Hecke de Dunkerque, une quarantaine sur une ancienne base des éclaireurs de France à Morbecque, et une soixantaine dans les anciens locaux de l'Institut d'études politiques de Lille.

Des dortoirs dans les anciennes salles de classe

Au premier étage de l'école, vide depuis un an tout juste, l'ancien foyer des étudiants est transformé en lieu d'accueil et de formalités administratives. Les salles de classe sont devenues des dortoirs avec lits pliants et armoires amovibles. A l'extérieur, dans la cour, des préfabriqués abritent les douches. Une équipe de neuf personnes est mobilisée jour et nuit pour encadrer les jeunes réfugiés. "C'est toute une organisation logistique, qui s'est faite en 48h", explique Guillaume Logez, directeur des établissements de Lille à l'Alefpa, l'association mandatée pour gérer la structure, "l'enjeu du lieu, c'est d'organiser une vie quotidienne à 20, 30, 40. L'accompagnement, lui, se fait au cas par cas".

Les dortoirs ont été installés en 48h - Radio France
Les dortoirs ont été installés en 48h © Radio France -

J'étais dans la rue, parce qu'il n'y avait pas de place - un Guinéen de 15 ans

Les jeunes accueillis dans l'ancien bâtiment de Sciences Po viennent pour la plupart de Guinée et du Mali, ils ont entre 15 et 17 ans. Comme cet adolescent guinéen, qui dormait dehors et sous la tente, depuis le mois de septembre. Désormais au chaud, il passe le temps en déchiffrant un manuel de lecture pour enfants : "j'étais dans la rue, parce qu'il n'y avait pas de place. Petit à petit, ça change. Je remercie tout le monde".

Reportage dans le centre d'hébergement d'urgence créé dans les anciens locaux de l'IEP de Lille

Course contre la montre

Mais le centre d'urgence fermera ses portes le 15 mars, ce qui donne peu de temps aux éducateurs pour effectuer leur travail d'accompagnement. "C'est une course contre la montre", estime Hayatte Rezgui, chef de service éducatif à l'Alefpa, "une mise à l'abri, ce n'est pas seulement mettre un toit au-dessus de leur tête, c'est la première préoccupation parce qu'on sait qu'il ne fait pas bon vivre dehors, mais dès qu'ils sont arrivés, on amorce beaucoup de choses. On a deux mois et demi pour les scolariser, pour un accompagnement à la santé, pour effectuer des démarches qui permettront de les intégrer dans d'autres structures à la sortie". Mais les chiffres fournis par le département n'incitent pas à l'optimisme : avant l'ouverture de ces centres d'urgence, 200 mineurs étrangers étaient sans solution d'hébergement.

Hayatte Rezgui, chef de service éducatif à l'Alefpa

Pour en savoir plus sur ce sujet : Jean-René Lecerf, Président du conseil départemental du Nord, invité de France Bleu Nord ce 8 janvier 2018