Société

Les annonces du premier ministre à Chalus peuvent-elles éviter les déserts médicaux ?

Par Jérôme Edant, France Bleu Limousin vendredi 13 octobre 2017 à 18:53

Le Premier Ministre Edouard Philippe inaugure la maison de santé de Chalus ce vendredi
Le Premier Ministre Edouard Philippe inaugure la maison de santé de Chalus ce vendredi © Radio France - Jérôme Edant

Le plan annoncé par le Premier Ministre ce vendredi, à Chalus, pour lutter contre la désertification médicale est accueilli avec plus ou moins de conviction en Haute-Vienne. Principale mesure : la multiplication des maisons de santé. Mais certains professionnels sont sceptiques.

Doubler le nombre de maisons de santé en France au cours du quinquennat. C'est la première et la principale mesure annoncée par le Premier Ministre, Edouard Philippe, lors de sa visite, vendredi à Chalus, dans le sud de la Haute-Vienne. Avec la ministre de la santé, Agnès Buzyn, il a inauguré la maison de santé de la commune - qui rassemble une quinzaine de médecins et de professions paramédicales pour 1650 habitants - en la présentant comme exemplaire. Le gouvernement accompagnera cet objectif d'une aide financière pour les collectivités (400 M d'€), ou encore d'aides conventionnelles à l'installation (200 M d'€) pour inciter les médecins à intégrer ces maisons de santé.

Les mesures ne sont pas accueillies comme la panacée

Face à ces mesures, les avis sont partagés. L'ordre des médecins en Haute-Vienne est, tout d'abord, soulagé de ne pas entendre de mesures coercitives pour installer les médecins en zone rurales. Mais réaliste aussi, car des maisons de santé cela ne marche qu'avec une large adhésion sur le territoire concerné au risque, souligne le docteur Anne-Marie Trarieux, présidente de l'ordre " de se retrouver avec des coquilles vides, c'est donc une concertation entre tous les professionnels de santé".

Mais une coquille vide, c'est un peu ce que pense le docteur Jean-Christophe Nogrette, président du syndicat MG France en Haute-VIenne, quand il voit les mesures annoncées. "Tout ça est très joli mais les aides à l'installation, par exemple, ça fait des années que ça existe et elles n'ont jamais marché et les maisons de santé on en a des quantités qui sont vides" déplore-t-il.

Un problème plus global d'aménagement du territoire

En effet, comment faire quand le désert médical est déjà installé ou quasiment ? comme par exemple dans le nord de la Haute-Vienne. Dans ce cas-là, autour de qui se construit le projet ? C''est en effet un problème, et un problème bien plus large reconnaît Thierry Chatenet, le président du conseil de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes en Haute-Vienne. "Si économiquement, le territoire n'est pas viable, il ne sera pas non plus pas attractif pour les personnels médicaux, ce n'est pas qu'un problème de santé et de médecine". De fait, c'est la question globale de l'aménagement et de l'attractivité des territoires.