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Société

Des artisans de la Marne dans la peau de personnes handicapées

lundi 4 décembre 2017 à 10:42 - Mis à jour le lundi 4 décembre 2017 à 14:31 Par Aurélie Jacquand et Sophie Constanzer, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu

En cette journée internationale des personnes handicapées, nous avons suivi une initiative de la CAPEB de la Marne, qui propose à des artisans de se mettre dans la peau de personnes handicapés afin de mesurer leurs difficultés. Aujourd'hui en France, seuls 40% des bâtiments sont accessibles.

La Capeb permet à des artisans de se mettre en situation de handicap
La Capeb permet à des artisans de se mettre en situation de handicap © Radio France - Sophie Constanzer

Reims, France

Un bandeau sur les yeux et une canne blanche à la main, ou assis dans un fauteuil roulant, il suffit de quelques minutes pour se rendre compte de la difficulté de se déplacer sur un trottoir en pavés et pentu. "C'est pas évident du tout !", constate Cyril, qui travaille dans la maçonnerie :"La pente est faible, mais on se met en danger par rapport à la route et on est toujours en train de freiner...". Comme d'autres artisans, il participe à une mise en situation organisée par la CAPEB (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment) de la Marne. En cette journée internationale des personnes handicapées ce lundi 4 décembre 2017, coup de projecteur sur cette initiative.

Sophie Constanzer a suivi la mise en situation dans la rue.

Ce sont des choses qu'on ne perçoit pas tant qu'on n'est pas monté sur un fauteuil"-- Alexis, artisan

"Ce sont des choses qu'on ne peut pas percevoir tant qu'on n'est pas monté sur un fauteuil", appuie Alexis, peintre en bâtiment. C'est pour cette prise de conscience que la CAPEB organise ces formations et cela fonctionne auprès d'Olivier, plombier chauffagiste qui conçoit notamment des salles de bains adaptées pour les personnes handicapées : "Ce stage fait qu'on peut changer notre façon de concevoir les choses, comme les accès aux salles de bain ou aux toilettes", souligne cet artisan. La mise en situation permet d'expérimenter le déplacement en fauteuil roulant, mais aussi de se mettre dans la "peau" de déficients visuels ou auditifs.

Rencontre avec les artisans qui ont suivi la formation.

On est des personnes comme les autres"--Yamina Couturier

Yamina Couturier est la présidente du GIHP (groupement pour l'insertion du handicap) en Champagne et elle a participé à l'élaboration de ces journées de mise en situation avec la CAPEB : "L'objectif c'était de dire aux artisans ce qui est important pour une personne handicapée, ce dont elle a besoin et c'est énorme d'avoir pu travailler avec eux", explique-t-elle. Elle, est en fauteuil roulant et se bat au quotidien pour rappeler l'essentiel : "On est des personnes comme les autres et on souhaite sortir et vivre comme tout le monde". Et elle poursuit : "Si on n'en parlait pas, cela voudrait dire que tout va bien, or ce n'est pas le cas", pour parler de l'importance de cette journée consacrée au handicap.

La loi de février 2005 a inscrit le devoir, pour tous les établissements recevant du public ainsi que les transports et les voiries, d’être accessibles aux personnes en situation de handicap dans les dix ans. Mais à échéance, en 2015, cette obligation a été reportée. "C'est frustrant ! On sait que tous les travaux ne sont pas faisables, mais aujourd'hui il faut que ça avance. On n'entendrait moins parler de nous si les choses étaient faites", explique Yamina Couturier. Mais au-delà de l'accessibilité même des bâtiments, la présidente du GIHP milite aussi pour changer les regards et en appelle au civisme de chacun : "Les crottes de chien ou les poubelles laissés au milieu des trottoirs, les voitures qui se garent au mauvais endroits... ce sont des petites choses qui nous pourrissent la vie et nous mettent en danger tous les jours", dit-elle.