Société

Isère : des associations demandent plus d'hébergements d'urgence pour les sans-abris

Par Mathilde Riboulleau, France Bleu Isère vendredi 13 janvier 2017 à 16:35

Malgré le froid certains sans abris restent dormir dans la rue
Malgré le froid certains sans abris restent dormir dans la rue © Radio France - Maxppp

Le collectif "Patate Chaude" et la "Coordination Iséroise de Solidarité avec les migrants" ont manifesté, ce mercredi, devant la Direction Départementale de la Cohésion Sociale, à Grenoble (38). Ils exigent des hébergements supplémentaires pour les SDF, à Grenoble, en cas de grand froid.

Ce mercredi, une quarantaine de personnes ont manifesté devant la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS) de la ville de Grenoble, en Isère. Elles demandent à nouveau un plan d’hébergement pour tous les sans-abris de la ville, alors que des températures négatives sont annoncées toute la semaine prochaine, dans le département.

Les manifestants ont tenté d'entrer dans le bâtiment du DDCS, mais ils ont été bloqués par les forces de police. Ils ont finalement obtenu un rendez-vous avec les services de la préfecture pour une délégation. Les associations accusent la ville de Grenoble d'ouvrir au compte-goutte des places d'hébergement chaque hiver.

La semaine dernière, quand le niveau 2 du Plan Grand Froid a été activé une première fois. Les communes d'Eybens et de Fontaine ont proposé des gymnases pour accueillir les sans-abris, mais aucune à Grenoble. Pour le collectif, "l’état ne respecte pas son obligation de garantir un toit à toutes les personnes présentes sur le territoire français, bien que le droit a un toit soit inscrit dans la Constitution et dans la loi. Les principes d’inconditionnalité et de continuité de l’hébergement sont bafoués".

"Chaque année, c'est le même problème"

La présidente de la Ligue des Droits de l'Homme Isère et membre de la "Coordination Iséroise de Solidarité avec les migrants" était présente devant le DDCS mercredi, en compagnie de trois jeunes Afghans qui ont fuit leur pays. Elle est révoltée par la situation : "Chaque année, c'est le même problème, je demande plus de places d’hébergements, l’accueil digne des demandeurs d'asile, des sans-abris et il ne faut pas les lâcher lorsqu'ils sont régularisés". Ces trois jeunes ont environ la vingtaine et vivent dans les rues de Grenoble ou dans des squats, comme beaucoup de sans-abris aujourd'hui. Ils ont pu se réfugier au chaud grâce au 115, mais seulement deux nuits. Ils ont ensuite été expulsés.

Je suis là pour me battre pour qu'il y ait plus d’hébergements

Michelle Lemouel, de l'association "Droit au Logement" manifestait également devant la DDCS mercredi. Elle dénonce, exaspérée, le fait que des personnes dorment dans la rue et surtout des jeunes : "Je suis là pour me battre pour qu'il y ait plus d’hébergements, des locaux vides il y en a certainement, c'est inadmissible".

2.500 personnes à la rue selon les associations, 780 selon la préfecture

Déjà, le 5 novembre 2016, le collectif 'Patate Chaude' avait envoyé une lettre ouverte au préfet de l’Isère. Fin 2015, les associations estimaient à près de "2.500 le nombre de personnes à la rue dans l'agglomération grenobloise. Sans compter celles qui vivent dans des logements petits, insalubres, ou se serrent la ceinture pour payer le loyer. D'autres encore, fuient la guerre dans leurs pays et n'ont pas de solution d'hébergement" explique le collectif.

La préfecture de l'Isère a répondu mercredi, par la voix du sous-préfet. Yves Dareau réfute le chiffre de 2.500 personnes à la rue, à Grenoble. Au mois de décembre dernier, détaille-t-il, "au maximum, 780 appels au SAMU n'ont pas abouti", faute de "disponibilité" selon les chiffres fournis à la préfecture par le 115.

Néanmoins, la préfecture de l'Isère a annoncé dès jeudi 12 janvier, dans un communiqué, une nouvelle activation du Plan Grand Froid. C'est la seconde fois depuis le début de l'hiver. Ce plan durera jusqu'au vendredi 20 janvier. Il comprend 60 places supplémentaires ouvertes à Eybens, au gymnase Fernand Faivre. Elles sont destinées aux "familles avec ou sans enfant et aux femmes seules avec ou sans enfant". Soixante autres places ont été ouvertes au "gymnase Pablo Picasso à Échirolles pour accueillir les hommes seuls".

La semaine, prochaine, Météo France prévoit, en Isère, une baisse de températures importante pouvant aller jusqu’à moins 20 degrés.

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