Société

Les blessures d'huîtres plus graves qu'elles ne paraissent

Par France Bleu Maine, France Bleu Maine et France Bleu vendredi 30 décembre 2016 à 6:52

Le centre SOS Mains de la clinique du Pré, au Mans traite près de 2000 cas par an, dont une partie liée aux blessures du couteau à huîtres...
Le centre SOS Mains de la clinique du Pré, au Mans traite près de 2000 cas par an, dont une partie liée aux blessures du couteau à huîtres... © Maxppp - Claude Prigent

Pendant les fêtes les centres de soins spécialisés dans les blessures aux mains reçoivent de nombreux patients victimes des couteaux à ouvrir les huîtres ! Conseils de chirurgiens et d'écaillers.

Nous sommes (encore) en 2016 et on n'a toujours pas trouvé le moyen d'ouvrir des huîtres proprement... La preuve au centre SOS Mains de la clinique du Pré, au Mans. L'établissement réalise près de 2.000 actes par an et les fêtes restent une période chargée. Les entailles causées par les couteaux à huîtres sont prises très au sérieux car elles peuvent causer des infections. Reportage d'Alexandre Chassignon :

Huîtres vs. mains : le combat des fêtes

Ne pas hésiter à consulter

"On peut considérer qu'on est des saisonniers" plaisante Christian Bour, l'un des chirurgiens du centre SOS Mains de la clinique du Pré, au Mans. En cette période, une dizaine de personnes peuvent arriver dans l'établissement par jour. Ces entailles sont vraiment des urgences pour le docteur : "Souvent, ce qui fait consulter, c'est le saignement important. Mais au niveau de la main, le patient peut comprimer le saignement et puis s'il n'y a pas de trouble à la sensibilité, si le doigt marche, ça le porte à repousser cette consultation". Le risque, c'est que le couteau blesse le tendon de la main.

Pour vous donner une idée, une infection autour du tendon peut générer une raideur du doigt qu'on arrivera pas à récuperer - Christian Bour, chirurgien du centre SOS Mains (il adore les huîtres mais ne les ouvre pas)

Selon le spécialiste, il ne faut donc pas hésiter à consulter pour ne pas risquer de perdre l'usage d'un doigt. "Il ne faut pas attendre. Le patient qui se blesse dimanche, par exemple, doit vraiment venir consulter le plus vite possible !".

Les conseils de l'écailler

Devant l'étal de l'écailler manceau Francis, place de la République , une cliente explique qu'elle ne se risque de toute façon pas à ouvrir les mollusques : "Je préfère laisser ça au poissonnier !". Jean-Charles n'est pas inquiet. Le vendeur travaille à mains nues et conseille simplement : "Pour éviter de ce faire mal, il faut vraiment tenir le bout du couteau, la lame, directement. Posez l'huître sur la main, et au troisième doigt, vous êtes sûrs de toucher le nerf du mollusque".