Société

Les infirmiers se mettent en grève ce mercredi

Par Raphaël Godet, France Bleu mercredi 14 septembre 2016 à 7:51 Mis à jour le mercredi 14 septembre 2016 à 11:37

Les infirmiers appellent à une grève nationale ce mercredi 14 septembre.
Les infirmiers appellent à une grève nationale ce mercredi 14 septembre. © Maxppp - FRANCOIS DESTOC

Les infirmiers sont appelés à cesser le travail ce mercredi, après le suicide de cinq de leurs collègues cet été. Un manque de personnel, des horaires à rallonge... La profession connaît un vrai malaise et demande plus de moyens.

Ils se disent débordés, dépassés, parfois proches du burn-out. Les infirmiers descendent dans la rue ce mercredi pour dire "stop". Un grand rassemblement national est prévu dans les rue de Martigues (Bouches-du-Rhône), à l'initiative de la Coordination Nationale Infirmière, l'un des syndicats de la profession. Des actions locales ont aussi lieu dans les établissements hospitaliers. Les personnels paramédicaux (kinés, aides-soignants ou encore auxiliaires de puériculture) sont invités à se joindre au mouvement.

Quels sont les problèmes  ?

Le malaise ne date pas d'hier. Mais la situation a empiré ces dernières semaines. Cinq infirmiers se sont donnés la mort en France depuis le mois de juin, à Toulouse, au Havre, à Saint-Calais, près du Mans, et à Reims.

Le syndicat dénonce un manque de personnel dans certains établissements, des horaires à rallonge et une pression de plus en plus forte. "Les soignants souffrent de la pression imposée par les restructurations" liées notamment à des contraintes budgétaires, regrette Nathalie Depoire, la présidente de la CNI. Selon elle, "il est impératif d'arrêter les diminutions d'effectifs, et de mettre en place une réelle prévention des risques psycho-sociaux dans les établissements de soins."

"On nous demande d'aller beaucoup plus vite"

"Vous, président de la République, très occupé »

Au début du mois de septembre, la Coordination nationale infirmière a interpellé François Hollande sur le malaise de sa profession. "Vous, président de la République, très occupé, vous n'avez peut-être pas encore été informé de l'été tragique que vient de vivre le monde de la santé", ironise le syndicat, dans une lettre ouverte reprenant l'anaphore du candidat Hollande.

Marisol Touraine promet des mesures

La ministre de la Santé, qui s'est dite "profondément attristée" par ces drames, promet des mesures "à l'automne". Elles s'appuieront notamment sur les travaux actuellement menés par l'Inspection générale des affaires sociales (Igas). Alors que trois milliards d'euros d'économies sont demandés à l'hôpital sur trois ans jusqu'en 2017, Marisol Touraine a toujours réfuté toute diminution des effectifs, expliquant que leur nombre augmente moins vite pour limiter les dépenses.