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Société

"Les bombes, je les entends encore siffler" raconte une habitante de Saint-Vallier, 75 ans après le bombardement

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Par , France Bleu Drôme Ardèche

Une petite quarantaine de personnes se sont réunies ce vendredi au cimetière de Saint-Vallier (Drôme) pour le 75ème anniversaire du bombardement américain. Le 16 août 1944, en voulant freiner la retraite des Allemands, l'aviation américaine tue 97 civils dans le quartier du Champ de Mars.

Cérémonie devant la stèle hommage aux 97 civils tués dans le bombardement de Saint-Vallier (Drôme)
Cérémonie devant la stèle hommage aux 97 civils tués dans le bombardement de Saint-Vallier (Drôme) © Radio France - Nathalie Rodrigues

Saint-Vallier, France

Le 16 août 1944, juste après le débarquement en Provence, l'aviation américaine bombarde Saint-Vallier pour tenter de détruire le viaduc ferroviaire, le pont sur la Galaure et freiner la retraite des Allemands. Mais les avions larguent leurs bombes de très haut et ratent leur cible. Le quartier du Champ de Mars, au Sud de Saint-Vallier, est détruit. 97 habitants, des civils, sont tués.

Paulette avait 14 ans à l'époque. Elle s'est cachée dans un souterrain avec sa famille : "j'entends encore les avions. Les bombes, je les entends encore siffler. C'est terrible, le bruit de la bombe. Vous avez l'impression que la terre éclate, et que vous mourrez sur l'instant. C'est des souvenirs très très précis."

Paulette, 14 ans le 16 août 1944 : "le bruit de la bombe, ça ne s'oublie pas"

A la fin du bombardement, elle va voir le quartier du Champ de Mars avec son père. La désolation. 

André, lui, avait 5 ans le 16 août 1944. Il s'est caché aussi dans une cave avec d'autres habitants et quand il est sorti : "c'était plein de fumée, on n'y voyait absolument plus rien. Un ancien a dit qu'il fallait aller au cimetière, en montant le plus haut possible pour mieux respirer et voir ce qu'il s'est passé. Et de là, on a vu Saint-Vallier qui brûlait. C'est mon souvenir : tout le Sud de Saint-Vallier en flammes. Le quartier d'ailleurs, on passait sur les maisons pour pouvoir circuler, au dessus des morts, pendant longtemps."

André, 5 ans le 16 août 1944 : "mon souvenir, c'est tout le Sud de Saint-Vallier en flammes"

Pas facile de mobiliser les foules au coeur du mois d'Août

André, membre des anciens combattants, est un des porte-drapeaux de la cérémonie. Une quarantaine de personnes se sont rassemblées devant la stèle dédiée aux victimes au cimetière de Saint-Vallier. André aurait aimé qu'il y ait plus de monde : "puis que les plus jeunes se rappellent, parce que c'est en train de disparaître un peu, malheureusement."

Jacques Cheval, le maire de Saint-Vallier, reconnaît que c'est compliqué de mobiliser sur une commémoration le 16 août : "à Saint-Vallier, traditionnellement, les usines fermaient au mois d'août. Donc il n'y a plus personne. Et puis, les gens oublient, les rescapés disparaissent donc on a énormément de mal à trouver du monde. Peut-être faudra t'il trouver une autre forme parce qu'on le voit bien, ce n'est pas la jeunesse qui est là. Il faudra réfléchir."

Paulette, presque 90 ans aujourd'hui, vient aux commémorations dès qu'elle peut : "c'est important, le souvenir est quelque chose d'intense pour moi. Le présent ne se construit qu'avec un passé, c'est ce qui nous projette vers l'avenir. Donc il ne faut pas l'oublier".

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