Société

Chirurgiens-dentistes en grève : plusieurs milliers de personnes à la manifestation parisienne

Par Marina Cabiten, France Bleu vendredi 3 mars 2017 à 4:30 Mis à jour le vendredi 3 mars 2017 à 18:17

Les dentistes en grève manifestent à Paris le 3 mars 2017
Les dentistes en grève manifestent à Paris le 3 mars 2017 © Maxppp - Thomas Padilla

Le monde dentaire a lancé un appel à la grève nationale ce vendredi, pour dénoncer l'attitude du ministère de la Santé quant à la revalorisation des actes courants et aux tarifs des poses de prothèses.

Les trois syndicats dentaires (FSDL, CNSD et l'Union dentaire), avec l'appui des étudiants en chirurgie dentaire, appellaient ce vendredi à "fermer les cabinets ou les laboratoires". Les dentistes entendent "empêcher la mise en place du règlement arbitral" attendu depuis l'échec, le 26 janvier, des négociations tarifaires entre les trois syndicats professionnels et l'Assurance maladie.

Une grève nationale, mais pour dénoncer quoi exactement ? Explications sur cette mobilisation du monde dentaire qui a commencé en début d'année et fait de plus en plus parler d'elle.

Un grand écart qui "menace" la profession

Tout a commencé avec des négociations ouvertes pour faire évoluer les tarifs des actes dentaires, parmi lesquels deux catégories s'opposent : d'un côté, les actes courants (détartrages, caries, etc), peu rémunérateurs pour les dentistes qui dénoncent depuis longtemps la stagnation des tarifs pris en charge par la Sécurité sociale. De l'autre côté, la pose de prothèses, avec leurs prix qui flambent, qui paye beaucoup mieux les dentistes mais est très peu remboursée. Au point qu'un Français sur six renonce à une pose de prothèse à cause du prix.

Pour réduire l'écart entre ces deux types d'actes, l'Assurance maladie a proposé d'investir 806 millions d'euros sur quatre ans dans la revalorisation des actes courants, un "effort sans précédent" selon elle. En contrepartie, elle proposait de plafonner le tarif des poses de prothèses, ce qui ramène l'investissement à 341 millions d'euros sur les 806 millions de départ.

Les négociations, "une coquille vide à but électoral"

Les syndicats formulent plusieurs reproches à l'égard de l'Assurance maladie, et donc du ministère de la Santé. Pour eux ces efforts sur la revalorisation des actes courants sont insuffisants par rapport au retard pris en France ces trente dernières années. Quant aux prothèses, ils estiment que le plafonnement est une mesure trop rigide, contraignante pour les dentistes, et que la solution passe par un meilleur remboursement.

Ça fait 29 ans que le remboursement des prothèses n'a pas changé en France. Rien que pour rattraper l'inflation depuis, il faudrait l'augmenter aujourd'hui de 80%" - Pierre Schmidt, secrétaire général adjoint de l'Union dentaire

Résultat : les négociations ont échoué le 26 janvier. Mais elle n'était de toute façon qu'une façade selon les syndicats, qui dénoncent aussi une manipulation politique. "Le ministère a nettement réduit le temps imparti pour signer un accord, pour ensuite faire voter un texte qui donne le champ libre à Marisol Touraine de façon unilatérale", accuse le secrétaire général de l'Union dentaire. Le président de chambre honoraire à la Cour des comptes Bertrand Fragonard, désigné comme arbitre, est désormais chargé de remettre ses propositions "le 7 mars", mais les syndicats prévoient des recours juridiques.

Pour Pierre Schmidt de l'Union dentaire, "tout ce que veut Marisol Touraine c'est une annonce médiatique avant la Présidentielle, pour pouvoir dire qu'elle a réglé le problème dentaire."

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