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"Il reste encore beaucoup à faire sur les lieux de privation de liberté", estime Jean-Christophe Hanché

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne

Le photographe rémois Jean-Christophe Hanché était l’invité de France Bleu Champagne Ardenne ce mardi. Il vient de publier Les enfermés, un ouvrage de photos consacré aux conditions de vie dans les lieux de privations de liberté.

Le photographe rémois Jean-Christophe Hanché dans les studios de France Bleu Champagne Ardenne, le 23 juin 2020.
Le photographe rémois Jean-Christophe Hanché dans les studios de France Bleu Champagne Ardenne, le 23 juin 2020. © Radio France - Annelaure Labalette

Les enfermés, c'est le nom du livre du photographe rémois Jean-Christophe Hanché qui vient de sortir. Cet ouvrage montre les conditions de vie dans les prisons, dans les hôpitaux psychiatriques, ou encore dans les centres de rétention. Montrer l'invisible. Plus de 200 pages de photos, d'extraits de lettre de détenus, de rapport de visite. La préface est signée Adeline Hazan, ancienne maire de Reims et contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) depuis 6 ans. 

Jean-Christophe Hanché l’a suivi dans plusieurs de ses missions, en tant que contrôleur et photographe. Ce livre retrace l’action du CGLPL de ces dernières années. "L’idée c’est de faire une sorte d’état des lieux des lieux de privation de liberté en France, dans tous les types d’établissements. Donner à voir des lieux qui ne sont pas accessible au public", dit Jean-Christophe Hanché, invité de la rédaction de France Bleu Champagne Ardenne ce mardi. 

Les enfermés est décrit par l’éditeur Ligth motiv comme "instructif, choquant et sincère sur les conditions de vie souvent indigne" dans ces lieux peu visibles. "Le CGLPL est là pour s’assurer du respect des droits fondamentaux des personnes qui sont privées de liberté donc effectivement il peut arriver au cours des missions que l’on trouve des conditions indignes et de non-respect de ces droits fondamentaux", explique Jean-Christophe Hanché. 

Des alternatives à l'incarcération

"Dans l'imaginaire collectif, s'il n'y a pas de prison, il n'y a pas de sanction. Et c'est ça qui ne va pas", dit Adeline Hazan, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté. "Des alternatives existent, la loi prévoit des alternatives à l’incarcération. Maintenant c’est une question de politique pénale donc c’est un vrai choix politique à faire. Comment on condamne ?", rajoute Jean-Christophe Hanché. 

Y a-t-il un manque de volonté ? "Oui et non", répond le photographe rémois. "Je ne suis pas juriste mais je pense qu’effectivement, ne serait-ce que pour les maisons d’arrêt dans lesquelles les problèmes de surpopulation sont flagrants, il y aura effectivement des progrès à faire sur les peines alternatives à l’incarcération", dit-il.

Les conséquences du confinement sur les lieux de privation de liberté

Il y a la réalité brutale décrite par Jean-Christophe Hanché dans les prisons, les hôpitaux psychiatriques. Et puis il y a eu le Covid-19, le confinement et cela n’a pas arrangé les conditions des gens privés de liberté. "L’impact était variable en fonction de la nature de l’établissement. Dans les prisons il y a eu suppression des parloirs, suppression des visites, des activités, des ateliers, du travail, du sport donc il y a eu vraiment une restriction d’activités et de mouvements dans les établissements pénitentiaires", explique-t-il. 

"Dans les hôpitaux psychiatriques la situation était différente. Il y a eu des problèmes de confinement en chambre forcé pour des raisons sanitaires mais dans des conditions qui n’étaient pas prévues par la loi. D’ailleurs le CGLPL a fait des recommandations en urgence sur l’hôpital de Moisselles en région parisienne pour alerter sur ce qui s’est passé pendant la crise sanitaire. Il y a des patients qui ont été confinés en chambre, fermée à clé, pour la durée du confinement", rajoute Jean-Christophe Hanché.

Les enfermés et les photos qu’il contient en disent long sur la société dans laquelle nous vivons. "Ça montre un système qui parfois a du mal à fonctionner pour des questions de moyens, des questions politiques également mais aussi d’organisation", dit le photographe.

Trouver la bonne distance pour photographier

Pas toujours facile de trouver la distance pour photographier sincèrement les gens dans ces lieux de privation de liberté. Jean-Christophe Hanché a tenté d’être le plus juste, sans en rajouter. "Dans tous ces endroits, c’est une question de rencontre. C’est ma façon de travailler. Avant de photographier, je rencontre les gens, j’échange avec eux. Je leur explique qui je suis, pourquoi je suis là, à quoi serviront les photos. Ensuite, je cherche à savoir qui ils sont, pourquoi ils sont là, quel est leur parcours et ensuite la photographie vient comme une sorte de complément naturel donc il n’y a pas d’empêchement. Il y a une forme d’acceptation parce que la rencontre et les présentations sont faites et parfois ces rencontres-là peuvent prendre beaucoup de temps", dit-il.

La question des conditions de vie dans les lieux de privation de liberté pourrait donner place à des heures de développement. Les enfermés permettrons aux lecteurs de se questionner sur le sujet. "Il faut en retenir qu’en France il reste encore beaucoup à faire sur ces lieux de privation de liberté et que cela concerne tout le monde, y compris ceux qui ne se sentent pas concernés à priori. Mais je pense qu’on est tous susceptibles un jour ou l’autre d’avoir quelqu’un dans son entourage, dans sa famille qui puissent se retrouver en hôpital psychiatrique ou dans un centre de rétention ou dans un établissement pénitentiaire donc c’est une question qui concerne l’ensemble de la population au sens républicain du terme", dit Jean-Christophe Hanché.

Jean-Christophe Hanché au micro France Bleu de Vianney Smiarowski

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