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Société

Les éthylotests anti démarrage désormais obligatoires dans les cars

dimanche 30 août 2015 à 17:00 Par Nicolas Peronnet, France Bleu Pays de Savoie

A partir du mardi 1er septembre, tous les conducteurs de cars transportant plus de 10 personnes devront souffler dans un éthylotest anti démarrage avant de conduire leur véhicule. En Savoie, l'entreprise de transport Transavoie a déboursé 85.000 euros équiper les 95 bus de sa flotte. Les associations de sécurité routière réclament l'extension du dispositif aux particuliers.

Il faut désormais souffler dans cet éthylotest pour pouvoir démarrer le car.
Il faut désormais souffler dans cet éthylotest pour pouvoir démarrer le car. © MaxPPP

Au 1er septembre, les éthylotests antidémarrage (EAD) seront obligatoires dans les autocars, mais la loi qui permet à des tribunaux de les imposer à des particuliers reste lettre morte, malgré leur efficacité unanimement reconnue. Obligatoire depuis 2010 sur les cars neufs transportant des enfants , les EAD devront désormais être présents sur tout véhicule de transport de plus de 10 personnes, à l'exception des transports urbains.

David Ritupert : "un outil de prévention pour sensibiliser mes conducteurs"

Au sein de l'entreprise de transport Transavoie, basée dans la zone industrielle de Bissy à Chambéry, 95 autocars ont été équipés, pour un coût total de 85.000 euros. "Certains le sont depuis 2010" explique le patron David Ritupert, qui considére ces EAD comme "un outil de prévention pour se prémunir contre les risques liés à l'alcool, et sensibiliser les conducteurs" . Il assure qu'il n'y a pas eu de réactions hostiles de la part de ses salariés : "Nos conducteurs sont des gens sérieux, des professionnels de la route. C'est aussi un moyen de sécuriser notre clientèle , de montrer que l'autocar est un mode de transport sûr" .

ECOUTEZ David Ritupert, le patron de "Transavoie"

 

Les données conservées 45 jours

Le principe est simple: le chauffeur souffle dans un éthylotest couplé au système de démarrage qui se bloque si l'alcoolémie est trop élevée. Les données de l'appareil sont ensuite conservées pendant 45 jours poursuit David Ritupert : "Cela nous permet de constater si le système a été détourné, et regarder si il y a eu des blocages de démarrage, qui pourraient déclencher une enquête auprès du conducteur concerné pour avoir des explications" . Patrice Moreau, qui conduit des autocars siglés Transavoie depuis 16 ans, ne se sent pas pour autant sous surveillance : "C'est normal, on ne transporte pas des marchandises , on a la responsabilités de gens. C'est un métier où l'on a pas le droit à l'erreur" .

 

Expérimentation en Haute Savoie pour les particuliers

Les associations de sécurité routière saluent l'entrée en vigueur de la loi, mais regrettent qu'elle ne soit pas étendue aux particuliers, alors que la mortalité routière est repartie à la hausse (+3,5% en 2014, +3,8% depuis début 2015). Elle souhaiteraient voir ces EAD prescrits à des conducteurs pris pour alcool au volant, comme le prévoit la Loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (Loppsi 2) de 2011. Entre 2004 et 2011, une expérimentation avait d'ailleurs eu lieu en Haute Savoie .  400 personnes condamnées pour délit alcoolique ont accepté d'installer le dispositif tout en suivant un accompagnement psychologique pour une période de 6 mois à 3 ans. "La récidive a chuté des trois-quarts par rapport au groupe témoin qui ne suivait pas le programme" , explique l'expert de France Bleu Pays de Savoie Charles Mercier-Guyon, qui encadrait le volet médico-psychologique. Bien qu'intégrées à la Loppsi, les "peines EAD" ne sont aujourd'hui quasiment jamais prononcées en France.

 

ECOUTEZ le reportage de Nicolas Peronnet à l'entreprise "Transavoie".