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Société

Les expulsions de camps de Roms s'enchaînent dans l'agglomération nantaise

mardi 31 octobre 2017 à 11:53 Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan

En deux jours, trois camps de Roms ont été expulsés dans l'agglomération nantaise à Bouguenais, Carquefou et Orvault. En tout, 250 personnes se retrouvent en errance, sans terrain pour installer leurs caravanes.

Les Roms expulsés à Bouguenais l'avaient déjà été d'un terrain de Carquefou (photo ci-dessus) en 2016
Les Roms expulsés à Bouguenais l'avaient déjà été d'un terrain de Carquefou (photo ci-dessus) en 2016 © Radio France - Marion Fersing

Nantes, France

Ce sont à chaque fois les mêmes scènes qui se reproduisent : les caravanes sont sorties des terrains, soit tirée par des voitures pour celles qui peuvent rouler, soit emportées sur le plateau d'une dépanneuse pour les autres. Ce lundi, ce sont d'abord une cinquantaine de familles qui ont été évacuées par la police du terrain du lieu-dit "Moulin cassé" à Bouguenais. "Elles vont d'expulsion en expulsion depuis 2015", explique Annie Richard du collectif Romeurope, "de Saint-Herblain elles sont allées sur deux terrains à Nantes, puis à Carquefou, puis à Indre, puis sur deux autres terrains à Bouguenais et elles aussi essayé de s'installer, sans y parvenir, sur un autre terrain aux Sorinières".

Il y a des femmes enceintes, des enfants, c'est traumatisant ! Et ces familles ne savent pas où aller

En suivant, ce sont deux autres camps qui ont été évacués à Carquefou et à Orvault. À Carquefou, également ce lundi, ce sont une douzaine de familles qui ont du quitter le terrain qu'elles occupaient pour aller s'installer un peu plus loin, sur le terrain dont les Roms de Bouguenais avaient été expulsés en 2016. À Orvault, ce sont environ 80 personnes et 50 caravanes qui ont du quitter le terrain qu'elles occupaient rue Léon Gaumont, ce mardi matin. "Il y a des femmes enceintes, des enfants, c'est angoissant, c'est traumatisant !", glisse dépitée, Mireille Douceau, elle aussi du collectif Romeurope à Orvault. "Que vont devenir ces familles ? Il faut savoir que les policiers sont déjà passé les voir plusieurs fois ces derniers jours. Elles leur ont demandé d'attendre, le temps de trouver un nouveau terrain, mais il n'y en a pas. Et comme c'est bientôt le début de la trêve hivernale, il fallait les expulser", se désole-t-elle. D'après le collectif, les Roms qui se sont installés rue de la Papotière après avoir quitter le cimetière de Doulon sont eux aussi sous le coup d'une procédure d'expulsion et ce pourrait aussi être le cas pour d'autres camps sans que les familles soient au courant.

Depuis la loi du 27 janvier 2017, les bidonvilles sont eux aussi protégés des expulsions par la trêve hivernale et, partout en France, les expulsions se multiplient avant la date butoir du premier novembre.

Quoi qu'on leur fasse, ils resteront

Et malgré tout, les familles restent. "Certaines sont là depuis une dizaine d'années", confie Annie Richard. "Ceux sont des Européens, il ne faut pas l'oublier. Et ce ne sont pas des nomades. Ici, ils vivent dans des caravanes, mais, en région parisienne, ils se construisent des petites cabanes. Et depuis 2014 qu'ils en ont le droit, ils sont de plus en plus nombreux à travailler. Et quoi qu'on leur fasse, ils resteront", poursuit la militante du collectif Romeurope.

Un plan de Nantes métropole pour l'insertion des familles Roms

Alors, Nantes métropole a mis en place un plan pour intégrer ces familles. D'ici trois ans, 15 terrains vont être aménagés avec l'eau, l'électricité, des sanitaires et des caravanes en bon état. En échange, les familles qui s'y installent s'engagent à envoyer leurs enfants à l'école, à apprendre le Français et à travailler. La limite, "de 50 à 80 familles maximum" pourront être accueillies sur ces terrains, selon les comptes de Romeurope, "alors qu'elles sont plus de 200 dans l'agglomération". Les autres continueront donc d'aller de terrain en terrain, au fil des expulsions. Des terrains qui sont de plus en plus difficiles à trouver : des pierres et des mottes de terre en empêchent l'accès. Résultat, les Roms s'installent sur des terrains de plus en plus reculés, de plus en plus éloignés, aussi, des écoles et des associations qui leur viennent en aide, notamment pour tout ce qui est santé.

Actuellement, il y aurait une quarantaine de bidonvilles en Loire-Atlantique, selon les comptes du Dihal. Et le département est celui de France où le plus de gens vivent dans des campements de fortune. Elles seraient plus de 1.900.