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Société

Les gendarmes creusois ont enregistré 160 plaintes pour violences intra-familiales depuis janvier

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Par , France Bleu Creuse

Alors que le grenelle des violences conjugales vient de se terminer et que 65 propositions viennent d'être présentées, la communauté de brigades de gendarmerie de Sainte-Feyre nous ouvre ses portes. Depuis le début de l'année, 160 plaintes pour violences intra-familiales ont été déposées en Creuse.

160 plaintes ont déposées en Creuse pour des violences intra-familiales depuis le 1er janvier 2019. 77% concernent des femmes.
160 plaintes ont déposées en Creuse pour des violences intra-familiales depuis le 1er janvier 2019. 77% concernent des femmes. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

Sainte-Feyre, France

"Aucune victime ne doit plus repartir sans connaître ses droits et savoir où trouver du soutien." Ce sont les propos de Marlène Schiappa à l'issue du grenelle sur les violences conjugales qui vient de se terminer : 65 propositions ont été formulées, dont une partie sera finalement retenue par le gouvernement. 

Parmi les mesures phares,  l'amélioration de l'accueil des victimes dans les commissariats et les gendarmeries, avec l'instauration d'un "protocole clair" avec une "méthodologie précise" pour les policiers et gendarmes amenés à accueillir des victimes de violences conjugales. Le gouvernement travaille donc sur une grille d'évaluation pour savoir si la victime est en danger de mort imminent, explique la secrétaire d'état à l'égalité femmes/hommes dans une interview au journal La Croix. 

A Sainte Feyre, une soixantaine de plaintes depuis le début de l'année

A la communauté de brigades de gendarmerie de Sainte-Feyre, une soixantaine de plaintes ont été déposées depuis le début de l'année. Dans son bureau, avec dessins aux murs et poisson rouge dans le bocal, l'adjudante Fabienne Tisserand accueille les victimes. Sur son ordinateur une série de questions, pour l'épauler. "La situation familiale de la personne, le contexte, s'il y a des enfants, s'ils ont assisté aux violences, la situation professionnelle de la victime, si elle dépend de l'auteur..." Tout y passe, comme savoir si la personne est vulnérable, enceinte ou handicapée par exemple, ce qui serait une circonstance aggravante. "Cela nous rassure de ne rien oublier, de poser toutes les questions pour que l'audition soit bien complète et que le magistrat puisse prendre en compte la situation globale de la victime."

Face aux victimes, il est parfois compliqué de les faire parler : la pression sociale, la honte. "J'ai eu le cas il y a pas longtemps. La femme me parlait de harcèlement téléphonique, mais je voyais qu'il y avait quelque chose de plus profond." La femme avait été victime de violences conjugales il y a plusieurs années : après discussion, elle a accepté de porter plainte, et celle-ci est en cours. Les violences sexuelles sont les plus dures à avouer, explique la gendarme. 

Une évolution dans les gendarmeries

Depuis plusieurs années, pourtant, Fabienne Tisserand a vu les choses bouger dans les gendarmeries. Des plaintes prises plus au sérieux par les militaires. "Surement parce qu'il y a eu des lois faites pour aller dans ce sens là, car il y a eu beaucoup de femmes mortes sous les coups de son conjoint." 125 depuis le début de l'année, selon un comptage de militantes féministes. " Il y a aussi une organisation au niveau des associations, qui accompagnent les victimes, pour l'hébergement d'urgence qui peut être mis en place rapidement."

Ces associations avec qui travaille la gendarmerie de la Creuse, l'Aravic 23, le Centre d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF), Intermède, le comité d'accueil creusois... Pour permettre à tous les gendarmes, notamment les nouveaux arrivants, de les connaître et de pouvoir orienter les victimes, des référents VIF, pour Violence Intra-Familiales, sont présents dans toutes les communautés de brigades de gendarmerie. "On a un turnover au niveau des effectifs importants", explique l'adjudante Nathalie Serrol. "Il est strictement important qu'un nouveau gendarme ou un gendarme venant d'un autre département, ait connaissance de l'ensemble des dispositifs : les outils d'aides, les conventions, les mises à l'abri d'urgence. Ce que je leur dit, c'est que l'on ne travaille jamais tout seul sur la lutte contre les violences faites aux femmes."

Depuis le début de l'année, en Creuse, les gendarmes ont reçu 160 plaintes pour violences intra-familiales, 15 de plus qu'en 2018 à la même époque. Dans plus de trois cas sur quatre, les plaignants sont des plaignantes. 

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