Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Les gilets jaunes face aux gendarmes mobiles à Dijon

samedi 1 décembre 2018 à 18:30 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

Des centaines de gilets jaunes ont convergé ce samedi après-midi vers la préfecture à Dijon. Les gendarmes mobiles ont empêché l’accès à la rue de la Préfecture. Ils ont repoussé les manifestants à l’aide de grenades lacrymogènes.

Un épais nuage de gaz lacrymogène au débouché du boulevard de la Trémouille place de la République
Un épais nuage de gaz lacrymogène au débouché du boulevard de la Trémouille place de la République © Radio France - Jacky Page

Dijon, France

La préfecture de la Côte-d’Or n’avait reçu aucune déclaration de manifestation à Dijon pour ce 1er décembre. Cela n’a pas empêché les gilets jaunes de battre le pavé dijonnais, pendant qu’à Paris, des scènes de guérilla urbaine se déroulaient aux abords des Champs-Elysées. Les premiers manifestants se sont regroupés vers 13h à Dijon. Puis ils ont décidé de mettre le cap sur la préfecture. Ils n’ont pas pu approcher du bâtiment que défendaient les gendarmes mobiles : « ils ont dit non vous ne passez pas, et ils ont envoyé les gaz lacrymogènes, sans sommation », raconte un homme qui n’avait jamais manifesté de sa vie avant de rejoindre les rangs des gilets jaunes. Vincezo, un Italien qui vit en France fulmine : « je croyais que l’Italie était un pays de fachos, mais ici, c’est pire. C’est pas normal de gazer des retraités ». Du côté de la préfecture toutefois, on précise que les sommations ont bien été faites, et que la réaction des forces de l'ordre a fait suite à des jets de pavés ayant fait plusieurs blessés dans leurs rangs.

Un drapeau tricolore au-dessus de la mêlée - Radio France
Un drapeau tricolore au-dessus de la mêlée © Radio France - Jacky Page

Un nuage de gaz lacrymogène jusque sur la place de la République

André, un ancien militaire à la retraite est également novice dans l’art de la manifestation, et vient de faire son baptême du feu face aux gaz lacrymogènes. Il a dû refluer mais reste place de la République tandis que les plus jeunes remontent au front face au cordon des forces de l’ordre. Comme beaucoup, il a décidé d’exprimer son mécontentement dans la rue : « Tous les ans, la retraite diminue, les taxes augmentent, et la vie est de plus en plus dure ». A ses côtés, son épouse, Françoise ajoute : « quand on dit que les retraités sont riches,  et bien nous, on doit aider notre fille et notre petite fille ».

Les gilets jaunes avancent rue de la préfecture... - Radio France
Les gilets jaunes avancent rue de la préfecture... © Radio France - Jacky Page

C’est une vague de manifestants qui tantôt avance rue de la Préfecture, tantôt recule face à une charge de CRS. Ce petit jeu se répète inlassablement, mais les forces de l’ordre gagnent du terrain. Une nouvelle salve de grenades tombe sur les voies du tramway place de la République. Un épais nuage lacrymogène balaie l’extrémité de la place où s’élève la grande roue du marché de Noël. Un couple et ses deux enfants quittent leur nacelle, les yeux rougis. Un médiateur social du PIMMS de Dijon propose gentiment de verser du sérum physiologique dans les yeux des enfants. Sa collègue précise : «  ce sont des gilets jaunes qui nous ont donné les doses qu’ils ont achetées en pharmacie ».

Avant de refluer après une salve de grenades lacymogènes - Radio France
Avant de refluer après une salve de grenades lacymogènes © Radio France - Jacky Page

Drapeau tricolore et bonnet phrygien

Pendant que les uns défient les gendarmes mobiles, d’autres vont trouver un peu de réconfort sur le marché de Noël. Étrange spectacle que ces gilets jaunes qui tout en larmoyant  et reniflant, sirotent un gobelet de vin chaud, tandis que résonnent à moins de 200 mètres les tirs de grenades.

Beaucoup de gilets jaunes, mais un seul bonnet phrygien - Radio France
Beaucoup de gilets jaunes, mais un seul bonnet phrygien © Radio France - Jacky Page

Des jeunes passent en poussant des poubelles. Quelques minutes plus tard, elles sont incendiées rue de la Préfecture où une épaisse fumée noire vient rendre l’air encore plus irrespirable. Il est 16h 30. La troupe de gilets jaunes se remet en marche, boulevard de la Trémouille, en entonnant la Marseillaise. Un grand drapeau tricolore tournoie au-dessus des têtes. Parmi la marée jaune, un point rouge attire le regard. Une jeune fille s’est coiffée d’un bonnet phrygien. Mais le Grand Soir n’est pas encore pour aujourd’hui.

Dégradations jusqu'en soirée

La manifestation dijonnaise a laissé des dégâts derrière elle. Deux voitures ont été retournées. Une autre a été endommagée par un feu à proximité. Place de la République, du mobilier urbain a été saccagé, et des sapins décoratifs du marché de Noël ont été incendiés. Un feu, éteint par les pompiers rue de la Préfecture, léchait une façade et aurait pu se propager à un bâtiment. Des manifestants avaient l'intention d'aller perturber à 18h l'inauguration des illuminations, qui a été annulée. Un feu a par ailleurs été allumé contre les grilles de l'hôtel de ville. Sur Twitter, le maire de Dijon, François Rebsamen, a condamné "les casseurs qui dénaturent le mouvement des gilets jaunes et sèment le désordre dans les rues".

Un feu allumé devant les grilles de la mairie - Radio France
Un feu allumé devant les grilles de la mairie © Radio France - Arnaud Racapé

10 membres des forces de l'ordre ont été blessés. Les pompiers déclarent avoir secouru autant de manifestants. 9 personnes ont été interpellées.