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Société

Les grandes communes marnaises et ardennaises divisées sur l'armement de la police municipale

mercredi 12 septembre 2018 à 11:24 Par Victorien Willaume, France Bleu Champagne-Ardenne

Un rapport parlementaire rendu ce mardi au gouvernement propose notamment d'armer systématiquement les policiers municipaux "sauf décision motivée du maire". Une idée qui divise les grandes communes de la Marne et des Ardennes.

A Charleville Mézières, les policiers municipaux sont équipés d'armes à feu depuis début 2018 - Photo d'illustration
A Charleville Mézières, les policiers municipaux sont équipés d'armes à feu depuis début 2018 - Photo d'illustration © Radio France - Julio Pelaez

Champagne-Ardenne, France

Doit-on armer l'ensemble de la police municipale ? Dans la Marne et les Ardennes, la réponse n'est pas partout la même selon le maire auquel on s'adresse. La question a été relancée ce mardi, alors qu'un rapport parlementaire a été rendu au gouvernement, proposant notamment d'armer systématiquement les policiers municipaux "sauf décision motivée du maire". 

Pour justifier cette proposition, le rapport des deux parlementaires met notamment la menace terroriste en avant. Actuellement, les maires des communes ne sont pas obligés d'armer leur police. Sur les 21 000 policiers municipaux, 44% sont équipés d'une arme à feu. Les autres agents sont en revanche nombreux à être équipés de matraques télescopiques, de bombes de gaz lacrymogène ou encore de tasers. 

Dans la Marne, Reims a par exemple déjà armé ses 109 policiers municipaux, depuis un an et demi. Le maire Arnaud Robinet avait pris cette décision après les attentats de Nice. Et selon Xavier Albertini, l'adjoint à la sécurité, le bilan est positif : "Il n'y a eu à date d'aujourd'hui aucune arme qui n'a été sorti de son  étui, ce qui prouve que ce n'est pas quelque chose de systématique, ou de familier, au contraire, et heureusement. Nous craignions à l'époque de l'instauration de cet armement une distance avec la population, il  s'avère qu'aujourd'hui par l'instauration progressive et les explications que nous avons fournies, la population admet et comprend tout à fait que les policiers municipaux rémois soient armés."

A Châlons-en-Champagne, il y a beaucoup moins de policiers municipaux qu'à Reims, 17  en tout. Ils ont uniquement des gilets pare-balles et des tasers. Mais selon Augustin Delavenne, adjoint à la sécurité à la mairie, la ville réfléchit sérieusement à les équiper d'armes à feu dans le futur : "Je pense qu'à terme, il nous faudra leur permettre de  pouvoir avoir les même moyens de réponse et de riposte que leurs collègues de la police nationale. Mais ça nécessite que des agents qui avaient le choix à l'époque de devenir policier municipale à Châlons, sans être équipés d'une arme léthale, soient préparés et formés. C'est une décision qui doit être murement réfléchie et bien préparée, pour que ça se passe le mieux possible."

A Epernay, les tasers suffisent largement - le maire Franck Leroy

Il y a aussi les communes qui trouvent le projet pertinent, mais qui ne souhaitent pas l'appliquer. A Epernay par exemple, le maire Franck Leroy ne voit pas l'intérêt d'équiper ses 12 policiers municipaux d'armes à feu. "Il faut étudier les choses au cas par cas, il n'y a pas deux polices municipales qui sont dans la même situation, il n' y a pas deux villes qui se ressemblent. Il y a des villes qui ont impérativement besoin d'avoir une police municipale armée d'autres non. Nous, nous avons fait le choix après les attentats terroristes d'équiper nos policiers de tasers pour les sécuriser davantage, ce qui selon moi suffit largement. Mais je peux comprendre qu'on aille plus loin dans d'autres villes où l'on a un contexte beaucoup plus criminogène, où le risque est supérieur."

Certains se disent enfin tout simplement contre le projet. Boris Ravignon par exemple, le maire de Charleville Mézières. Selon lui, au lieu d'armer systématiquement la police municipale et donc modifier leur coeur de métier, il faudrait surtout donner plus de moyens à la police nationale. Boris Ravignon qui a décidé lui-même d'armer sa police municipale, depuis le début de l'année 2018. Une mesure prise selon lui en partie pour compenser le manque d'effectifs dans la police nationale.